| Un schéma de santé Cet essai de schématisation de la santé est à la fois un constat des lieux, avec des éléments critiques et une indication du sens que pourrait prendre le corps médical, du brancardier au directeur d’hôpital, en passant par le professeur ou l’orthophoniste dans une sorte de déontologie commune. 1/ le médecin généraliste en son bureau Le médecin généraliste a acquis le statut de spécialiste. Il a un travail énorme devant lui. Travail diagnostique, patiemment établi à l’aide d’une consultation méthodique. Il tend à pratiquer une médecine basée sur les preuves (EBM) Il recueille les éléments dans un dossier médical que l’informatique nous permet de partager. L’utilité et la faisabilité d’un tel système mérite sa mise en œuvre. Nous avons les ordinateurs : tant de papiers, tant de films radio, alors que ces papiers, ces radios, sont bien sagement à éventuelle disposition dans l’ordinateur du confrère spécialiste ou à l’hôpital. Problème de formats, de cryptage ou paresse intellectuelle ? Le dossier médical est à la base d’une bonne pratique ; il est interfacé avec une banque de données médicamenteuses, il est devenu incontournable dans la consultation. L’internet ouvre les portes de la bibliographie et les listes de discussions médicales sont fructueuses, complétant le travail personnel : formation continue, évaluation des pratiques. 2/ les satellites a- Les spécialistes de ville ou hospitaliers, leurs plateaux techniques. b/ auxiliaires médicaux c/ pharmaciens d/ madame la caisse 3 Commentaires-Conclusion Tout cela dresse un joli tableau idyllique, me direz-vous ? Ajoutez la transparence et on aurait presque résolu le problème. En réalité, la situation de la santé des Français est calquée sur l’état dans lequel elle se trouve économiquement et politiquement. Les acteurs ne pratiquent pas une déontologie commune. Pays riche assis sur son complexe de supériorité, il ne veut entendre aucune restriction. Chacun peut bénéficier des meilleurs soins selon son état. Traduction : on a droit à tout. Et plus rien n’est contrôlable sauf que l’accès au soins n’est pas le même pour tous. C’est là le bémol mais sa correction est délicate. La "sécu" est un peu comme le nœud gordien mais peut-on faire comme Alexandre en tranchant net pour le dénouer ? Avec tant d’acteurs différents motivés par tant de buts différents. l’uniformité du corps médical est à presque une utopie à construire. En prenant le premier rôle dans ce théâtre la MG susciterait à tout le moins des vocations. Il y a une une grande évolution depuis l’apparition des centres 15, la notion de volontariat pour les médecins (régulateurs ou effecteurs) et la prise en charge par la Caisse d’Assurance Maladie (CNAM) des indemnités d’astreinte. La plupart des médecins ont appris qu’il y avait une vie après la médecine. L’autorité du médecin en costume bleu qui sillonnait les routes et visitaient les foyers est remplacée par l’autorité de son conseil avisé au sein de son cabinet où il a toute référence pour gérer les pathologies. Les médecins-conseils sont de plus en plus rigoureux dans l’application du règlement de la Caisse d’Assurance Maladie mais on peut leur opposer un raisonnement médical justifié pour influencer une prise en charge. J’exerce depuis 23 ans la médecine générale en zone semi-rurale. C’est un beau métier. Encore maintenant, je me sens un peu coupable de ne plus mettre mon portable sur ma table de nuit. |
mardi 1 mai 2007
Un schéma de santé : article paru sur Agoravox
Commentaires (suite--)
|
Commentaires (suite-)
| > Un schéma de santé par Jean-Pierre Legros (IP:xxx.x47.66.176) le 10 avril 2007 à 02H20 > Le médecin généraliste a acquis le statut de spécialiste. Il a un travail énorme devant lui. > Tout cela dresse un joli tableau idyllique, me direz-vous ? http://rhumatologie.free.fr/Ce sont les 2 propositions indiscutables, en contradiction avec le reste du texte qui donne plutôt dans l’autosatisfaction. Le MG a acquis le statut de spécialiste grâce à un militantisme bien organisé, comme aux plus belles heures du cégétisme ("Des sous !"), pas en faisant valoir ses qualifications. Où est l’évaluation ? ? ? N’est-ce pas faire passer la charrue avant les boeufs que se déclarer spécialiste alors qu’on n’est pas évalué depuis la sortie de fac, et même à vrai dire depuis le concours du PCEM1 ? (1) L’évaluation pouvait être faite, pas forcément à bon escient, par le patient, à une époque où l’offre était pléthorique. Maintenant... toutes les salles d’attente sont pleines. Formation d’autant plus nécessaire que cela fait 2 décennies que les médecins ne sont plus incités à réfléchir, mais à raccourcir leur consultation tout en se blindant à l’aide d’examens complémentaires, et à se rassurer en prescrivant une longue liste de pilules quotidiennes à des gens bien portants, pour éviter quelques vraies maladies chez certains d’entre eux, mais en oubliant que cette longue liste n’est peut-être pas inoffensive (les actes médicaux sont estimés aux US 3ème cause de mortalité générale, après les K et le cardio-vasculaire) L’opinion des patients sur le médecin est en chute libre, malgré les sondages rassurants (qui critique librement des gens nantis d’un tel pouvoir ?). Le conseil sur internet est en progression exponentielle. Apparaissent les "doctinautes"... qui, eux, sont évalués. Contrairement à ce qui est dit dans le texte, le médecin n’est pas le plus au courant des nouveautés. Les médias, et l’accès à des milliers de conseillers amateurs, permet d’avoir les informations les plus exactes (une information peut être fausse, mais le consensus est le bon). Quant au travail de tri fait par le MG pour le spécialiste: Là aussi le travail en réseau idéal est décrit. En pratique, à peine 1 patient sur 3 est adressé au bon moment. Certains MG sont bien ancrés dans le réseau. D’autres "retiennent" le patient, surtout quand ce sont des rentes ambulantes comme les accidentés du travail, qui sont pourtant ceux qui réclament le plus vite une prise en charge pluri-disciplinaire. Enfin, à attendre "une clarification de la place de l’ostéopathie", par une médecine qui n’a pas encore inventé une méthodologie adaptée pour l’évaluer, les médecins ont perdu la place de "généraliste du squelette" au profit de l’ostéo non médecin, 1er recours à présent en cas de mal de dos. Réponse sévère, j’en suis désolé, mais les discours lénifiants ne secouent pas assez le couvercle bien vissé sur l’évaluation des pratiques médicales. (1) Les spés nécessitent bien sûr la même évaluation. Réagir à l'article | Réagir au commentaire | SIGNALER UN ABUS |
Réponse de l'auteur de cet article
> Un schéma de santé
par paullombard (IP:xxx.x4.136.198) le 10 avril 2007 à 03H39
Ce n’est pas sévère, c’est ce que j’attendais en brossant le schéma. Le statut de spécialiste, je vais vous faire une confidence, n’est pas du tout acquis pour le moment. Dire ce que j’ai dit est une bravade. Au sein même des MG, j’en connais qui trouvent que c’est ridicule voire négatif car cela signe la fin de notre particularité. Etre tous des spécialistes reviendrait à perdre notre humanité, autrement dit. Comme si nous avions le monopole du cœur !o)L’avantage de la "spécialisation du MG" ne se situe pas là. En rappellant l’unité qui repose sur le serment d’Hippocrate, cette philosophie du service au malade, elle remet les médecins dans la bonne voie. Elle autorise la lutte pour une meilleure pratique dans laquelle n’entrerait pas les compérages et autres aproximations. La dichotomie me parait marginale à notre époque. Vous avez raison de souligner l’angélisme du schéma alors que la réalité est celle d’un parcours de soins bien libéral. Admettons, sans vouloir froisser personne que certains confondent libéralité de la pratique avec libéralité du portefeuille: vous l’avez dit, les associations de malades, l’internet offrent un contre-pouvoir au patient et c’est stimulant, je ne le refuse pas. Prendre le temps de discuter de (même) n’importe quel sujet sur lequel il y a matière est enrichissant, soi parce que le patient nous apprend effectivement quelque chose et alors, ça s’appellera expérience, soit parce la contradiction qu’on lui apporte sera fondée sur des arguments acceptables. Le patient peut tout aussi bien s’opposer à des honoraires hors du tact et de la mesure, ce qui est sanctionnable par l’Ordre.
Non, la majorité d’entre nous n’est pas resté avec ses cours de PCEM comme viatique. Comme n’importe dans quelle autre profession, vous trouverez tous les niveaux. L’inégalité est naturelle, dans les caractères, depuis l’assidu jusqu’au négligent. Théoriquement, on va compter les points en 2010, pour avoir une accréditation, ou quelque chose comme ça. Personnellement, je n’ai pas attendu une carotte ou un bâton pour évoluer. S’adapter ou mourir. Pour plus de précisions sur l’ absence de formation, sur l’aspect petit commerce, je vous renvoie à 2 sites pour des chiffres précis. <http://www.espacegeneraliste.i...> <http://www.ipsos.fr/CanalIpsos...> . Même l’Académie de Médecine réfléchit au sujet:http://www.academie-medecine.f...
Le généraliste du squelette: ne résumons pas la rhumatologie à l’ostéopathie. Mon propos était "la pratique de l’ostéopathie chez un MK", non pas l’articulation entre ostéopathes et médecins. A ce que je sache, les ostéopathes ont obtenu la publication de décrets qui régissent leur profession mais rien n’est réglé pour le partage du secret médical. C’est pour cela, je crois, qu’il est encore difficile pour eux d’avoir une place dans le schéma de santé. Un dernier mot là-dessus: en rhumatologie comme en médecine du sport, il y a un traitement qui est souverain: le repos. Ajoutez quelques indications de mouvements décontractants ou posturaux et les gens géreront eux même leurs contractures et autres fatigues tendineuses.
Réagir à l'article | Réagir au commentaire | SIGNALER UN ABUS
> Un schéma de santé
par Jean-Pierre Legros (IP:xxx.x47.69.149) le 10 avril 2007 à 09H49
Vous avez entièrement raison sur les disparités individuelles d’effort de formation. En fait je peste contre le carcan administratif imposé par les pratiques d’une minorité.http://rhumatologie.free.fr/Je connais Claude Bronner et ai lu ses tribunes. C’est une manipulation intellectuelle de rappeler que les honoraires des MG font 3% du budget de la sécu... quand les prescriptions font 10 fois ce volume. Problème spécifiquement français, où les médecins sont les plus prescripteurs... et les moins bien payés des pays à économie comparable. Un rapport ?
Les statistiques IPSOS sont exactement ce que j’appelle un sondage fait pour rassurer: Quand on voit les items proposés: Opinion "très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise, très mauvaise" des médecins, comment s’étonner que 60% des gens choisissent la 2è réponse ? Ce n’est pas de l’enquête mais du satisfecit publicitaire.
Je n’ai jamais eu de problème pour intégrer les ostéo non médecins dans le schéma de santé: Connaissant les indications mais n’ayant pas le temps de pratiquer tous les actes, j’envoie une partie des patients chez les "bonnes mains" du secteur, qui eux-mêmes m’envoient spontanément leurs problèmes diagnostiques. Le réseau marche. Mais il faut connaître les indications. Ce n’est pas à la fac qu’on apprend à désensibiliser un dos, à traiter une chaîne articulaire, à dépister un trouble postural.
Le repos est le grand responsable de l’épidémie du mal de dos du vingtième siècle. Cf ma tribune sur le blog Rhumatopratique:
http://rhumatologie.free.fr/wp...
Dommage que vous ne soyez pas plus proche de la Nouvelle-Calédonie, je vous aurais proposé de venir à une de mes formations
)
Réagir à l'article | Réagir au commentaire | SIGNALER UN ABUS
Réponse de l'auteur de cet article
> Un schéma de santé
par paullombard (IP:xxx.x97.156.48) le 10 avril 2007 à 12H20
Quand je parle de repos, c’est éviter de solliciter l’endroit douloureux. Pour ce qui est des lombalgies, il a été effectivement démontré que la reprise de l’activité était bénéfique.Précisez ostéopathes non médecins: MK conventionnés ou chiropracteurs ?
Réagir à l'article | Réagir au commentaire | SIGNALER UN ABUS
> Un schéma de santé
par Jean-Pierre Legros (IP:xxx.x47.66.51) le 10 avril 2007 à 22H52
Eviter de solliciter l’endroit douloureux est indiqué dans des situations bien précises, essentiellement l’instabilité articulaire. C’est le contraire pour les mal-positionnements articulaires, les contractures réflexes, les coaptations chondrales. Le démembrement des diagnostics de douleur musculo squelettique est peu répandu. C’est pourtant la base des traitements "mécanistes", dont le repos n’est qu’un des nombreux items.http://rhumatologie.free.fr/Ostéo non médecins: essentiellement des kinés qui ont suivi une formation spécifique et exercent en tant qu’ostéopathes exclusifs quand ils font un travail de qualité. Vu la longue courbe d’apprentissage et le côté "artistique" de la pratique, le diplôme a encore moins de signification que celui d’un médecin au bout de 20 ans de pratique.
Réagir à l'article | Réagir au commentaire | SIGNALER UN ABUS
Réponse de l'auteur de cet article
> Un schéma de santé
par paullombard (IP:xxx.x0.223.231) le 11 avril 2007 à 09H27
Quand j’adresse à un MK une personne pour "Bilan et soins" du rachis lombaire, je ne m’attends pas à ce qu’il pratique de l’ostéopathie. Je souhaite qu’il évalue les défauts posturaux (hyperlordose), les déficits musculaires (sangle abdominale) et qu’il enseigne l’hygiène vertebrale comme le verrouillage lombaire. Le patient revenant innocemment me faire part des pas moins de "sept vertebres remises en place", je ne peux que constater la dérive qu’a subi mon ordonnance. J’accueille avec bienveillance (j’ai peut-être tort) cette variation: on ne se bat pas contre les moulins à vent.Réagir à l'article | Réagir au commentaire | SIGNALER UN ABUS
> Un schéma de santé
par Jean-Pierre Legros (IP:xxx.x47.65.120) le 11 avril 2007 à 22H58
Mon cher Paul, quand vous envoyez au kiné une prescription de "bilan et soins", que vous attendez qu’il regarde la forme de la colonne et qu’il donne des conseils d’hygiène de vie, vous avez fait un diagnostic de "lombalgie". Vous êtes aussi précis que si vous aviez fait chez un enfant un diagnostic de "fièvre hivernale" et conseillé la prise de paracétamol. Une différence: l’enfant va probablement guérir tout seul de sa fièvre, le lombalgique garde sa douleur et voit quelqu’un qui regarde d’un peu plus près son problème.On s’écarte du sujet initial. Vous mélangez discours et technique du thérapeute. Ce n’est pas parce que l’ostéo a "remis" d’invérifiables "vertèbres déplacées" que ce qu’il fait est de la fumisterie. Pensez-vous que les clients des ostéos soient tous des gogos ? Ne servez-vous pas aussi un discours simpliste à certains de vos patients pour être compris, ou faites-vous un cours de médecine à chaque fois ?
Vous montrez là un visage plutôt défavorable et malheureusement répandu du médecin, engagé dans son autorité au point d’avoir une opinion bien établie sur des sujets dont il ignore tout.
Je vous conseille cet article, qui ne traite pas spécifiquement de l’ostéopathie mais de la pratique médicale en général:
Réagir à l'article | Réagir au commentaire | SIGNALER UN ABUS
Réponse de l'auteur de cet article
> Un schéma de santé
par paullombard (IP:xxx.x4.130.231) le 12 avril 2007 à 09H10
C’est vous qui dites "fumisterie". Effectivement,le problème n’est pas la technique mais l’articulation de cette technique avec la pratique du MG. Si l’ostéopathe fait son diagnostic et applique sa technique alors il faut qu’il y ait accès direct.
