Un voile pudique, un voile d'opprobre, un voile discret, un voile de religieuse, un voile de circonstance, terrible objet de symbolisme et soumis à philosophie occupe la pensée. Réduit à ce qu'il est, un plan qui sépare deux ondes, il a peut-être des vertus d'équilibre, maintenant ceux qui en veulent, séparés de ceux qui n'en veulent pas. Ça semble artificiel à l'esprit uniciste dont la finalité est de tout mélanger, cherchant un équilibre instable qui le fait avancer dans un futur où le néant apparait comme plus viable que la lutte perpétuelle des communitaristes qui cherchent une voie tracée à partir d'une carte incomplète mais qu'on décide de prendre comme référence.
Tous les dogmes sont dans ce cas. Le scientisme n'a pas plus de bonne carte et en tout cas pas celle du futur mais au moins, il permet de se dire réfléchi quand on y pense. Mais c'est certain qu'il faut encore rappeler des évidences. Une palissade pour séparer la vérité du mensonge. La seule question intéressante est de savoir si elle a une utilité. L'effort fait pour maintenir une différence est en soi-même source d'énergie. Bien que rien ne se perde ou ne se crée, le difficile maintien de l'équilibre est une source informative dont les effets sont à observer. La discipline a fait construire les Pyramides.
Comme c'est beau une armée qui défile, uniformes impeccables, menton au vent. Comme c'est beau un parlement moderne qui vote à l'unanimité ou presque. Toutes les apparences d'une harmonie idéale dans une société construite sur les valeurs reconnues. Victoire de la démocratie pour moins de liberté contre un anonymat qui n'est plus de mise. C'est maintenant qu'on vous pose la question : avec ou contre nous ? Ça n'est pas moins méchant qu'une alternative. Ça a le sel de ces conversations feutrées où l'on se rend bien compte qu'il en faut très peu dire, de crainte pour sa personne. Bonjour l'ambiance.
Il faut bien admettre que vouloir aider les héritiers d'Ataturk en étant favorable à leur entrée dans l'Europe devient un exercice de style difficile. En France, on a trouvé le concept de marques ostentatoires : comme le tabac, chez toi ou dans la rue. Quelle peine de voir toutes ces manifestations des laïcs Turcs qui me font penser à des barouds d'honneur. La chape est retombée, le discours réorienté dans un monde où plus aucune boussole ne montre de direction. Toutes sont bonnes à prendre, il faut croire que ça ne pose pas de problèmes.
Personnellement, je comprends l'engagement religieux et serais le premier à dire qu'il faut le respecter. même si chaque barrière qu'on redresse fait reculer la liberté individuelle. Au fond, c'est un choc entre une société libérale et une société dirigée. La liberté personnelle est un gage de survie qui fait avancer toute l'humanité ou la liberté qui s'offre à tous est un leurre pour des gibets de potence. Luttons pour la défendre ou éliminons le piège. Oui mais, nous sommes déjà dans la nasse : alors ?
Alors la Paix, ce vieux rêve prend un tackle de plus. Non pas qu'une simple étoffe ne puisse se porter mais qu'à vouloir le faire, sans chercher à distinguer dans un brouhaha d'arguments la voie de cette femme qui finit par s'imposer la honte des cheveux que Dieu lui a donné, jusqu'à les cacher pour respecter les traditions de sa communauté, où celle qui l'enlève se fera immanquablement remarquer et parfois punir, cela donne une envie de laisser cette envie de masochisme comme on arrête un jeu ou une conversation. Et quand on se parle plus ...
Fais ce que voudras, c'est quand même notre Rabelais, écrivain du 16ème siècle qui nous le recommande. Nulle envie d'arracher les foulards à la tête des pratiquantes mais gêne quand nos regards se croisent, toi, marchant derrière lui et que dans mes prunelles tu trouves aussi la compassion qui trouble les idées arrêtées à un dogme indiscutable. Cheveux au vent, rasées, frisées, nattées, chignonnées ou même perruquées, les femmes sont malheureuses d'avoir perdu en traditions ce qu'elles gagnaient en soi-disant émancipation. Regard admirable pour un dialogue sans mot, chacun dans le destin qui lui est assigné. Un jour peut-être on parlera.
Mai 68 qui recommencerait avec son interdiction d'interdire , rigolade de potaches avec comme seule arme le poil-à-gratter, ça on a bien compris, le bâton est plus fort et la tête a encore mal des coups qu'elle a reçu. Pourquoi cela me fait-il penser (encore !!!) à une certaine Carla, vêtue d'un seul anneau et de longues cuissardes et dont toute l'anatomie est partagée avec le Président ? Comme disait Glucksman ce matin sur Europe1, plus mai 68, tu meurs. Saint-Paul parlait de la circoncision du cœur, la seule exigence envers Dieu : moi, ça me suffit.
lundi 11 février 2008
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