Il faisait tard, il faisait nuit. La pluie tombait doucement sur les pavés luisants des ruelles sombres, faiblement éclairées par de rares réverbères qui diffusaient un halo blafard que l'humidité brouillardeuse achevait de diminuer. Paul Lombard en avait assez de sa vieille gabardine. Il fallait qu'il en change au plus vite. Cela pourrait attendre encore un peu mais c'était au programme. Il avait pris en début de journée la décision la plus importante de sa vie. Ça n'avait pas été facile, même si la théorie était en place depuis des années, ce qui a eu l'intérêt d'éviter une tergiversation de dernière minute. Non, il ne reviendrait pas en arrière. Ses pas s'éloignaient inexorablement des souvenirs dangereux pour sa résolution. Il se connaissait si bien qu'il avait fallu mettre des points de non-retour dans sa décision. Avant tout, ne jamais recroiser un chemin connu. Sans s'en douter, ses chaussures auraient peut-être pris la direction du bercail et il était clair dans ses pensées que cette possibilité devait être combattue à tout prix, ne laissant pas une chance au hasard de faire échouer son projet. Projet sans but mais justement, c'est celui qu'il recherchait. Il en avait tellement atteint des buts, tellement satisfait des envies et des besoins, tellement rendu aux autres ce qui avait été donné. Sans vouloir faire de lui un exemple, il faut dire que, depuis des années, il s'était montré un opiniâtre considérable, ne manquant jamais à ses devoirs familiaux ou professionnels. On se demandait même comment il réussissait à tout faire, vu qu'il se consacrait également à d'autres activités. Les courtes-vues ne peuvent pas apprécier la perspective d'une construction complexe car ils réduisent leurs conclusions à l'aspect de la façade. La gare au coin de la rue, encore quelques pas, la voici, dans sa vieille architecture du début du vingtième siècle, monument de brique, de ferraille et de verre, dont les portes largement ouvertes laissent passer le flot des voyageurs. Le but est à portée de pied, être un anonyme de plus, un passant sans importance, une silhouette imperceptible à qui on ne demande jamais rien, même pas un renseignement. Quel quai, quelle importance ? Un billet sans âme à un distributeur électronique lui donna le sentiment d'avoir enfin franchi la dernière étape mais c'est au moment de s'asseoir dans le compartiment et qu'il regarda à travers la vitre qu'il se sentit l'acceptation intime de sa pensée car il poussa un énorme soupir dont tout le monde profita. Le train roulait maintenant à vive allure. Les paysages défilaient comme dans un film vu trop souvent. Dans la nuit, les maisons isolées, lumignons au bout de petites routes qui suivent la voie ferrée, éclairaient chichement la campagne. Endormie, elle se souciait peu du voyageur et de son impression rétinienne. Paul avait enfin ôté sa gabardine. Repliée dans le sac de voyage disposé dans l'étagère au dessus de sa tête, il s'en occuperait plus tard. Le compartiment vide permettait à sa rêverie de se prolonger. Il s'était mis le plus à l'aise possible dans l'espace assis qu'il avait réquisitionné près de la fenêtre. "J'aurais tout le temps de prendre des décisions", se disait-il. Il n'était pas question d'obligations dans un voyage sans but. Pour l'instant, l'ordre du jour était "Direction Sud"et d'une façon inconsciente, l'esprit en accord avec le corps qui avait tacitement indiqué de fuir en direction de la chaleur, dans un pays où il suffit de sandales pour se chausser, d'un peu de tissu pour être décent et où il n'est pas nécessaire de réfléchir à l'hiver, dans l'espoir de rejoindre un endroit réservé à quelque initié, ses souvenirs aboutissaient à la conclusion qu'il vaut mieux éviter de porter sempiternellement le poids de la lutte ancestrale contre les frimas. Insaisissable réminiscence d'un bonheur à revivre sans les complications accumulées par les intrications de plus en plus contradictoires d'un quotidien enchainant les devoirs. Affreusement, chaque ville offrait sa banlieue faite de préfabriqués clinquants aux enseignes grotesques dévorant les vieux pavillons ou les terres maraichères. Est-ce que c'est beau une ville la nuit ? Simulacre de nature morte dont l'esthète peut s'émerveiller tandis que notre voyageur n'y voyait qu'histoires sans fins de milliers de personnes essayant de survivre au milieu d'une société qui n'était plus faite pour lui tant il avait essayé de la vivre de l'intérieur et n'en avait retiré que doutes et joies passagères. Il ne regrettait rien de ces belles années où les illusions qu'il s'était construit permirent à sa jeunesse de s'épanouir, de faire comme tout le monde, mieux que tout le monde et sans être le cousin du roi, il aurait pu manger à sa table, si, toutefois, il fût invité. Que lui importait, à présent, les couverts en argent et les verres en cristal, ainsi que la porcelaine de Limoges à bords dorés. Autant il avait voulu de ces souvenirs patiemment accumulés par une famille économe, autant il était étonné de réaliser à quel point tout cela lui semblait si futile. Brisé dans son éducation par la vanité ostentatoire qui semble une force invincible et en bon général qui sonne la retraite dans une bataille perdue, la seule solution envisageable est la fuite. Il ne s'arrêterait pas avant la frontière de l'Ouest, c'était une des rares résolutions auxquelles il tenait. Qu'est-ce qu'on peut bien penser dans un train en marche, assis dans un compartiment vide, sans idée sur la destination ? Repasser en boucle les souvenirs dont l'énumération suffira à faire une histoire alors qu'on est parti pour les oublier n'est pas logique. Mais est-ce que Paul devait rester logique ? N'a-t-il pas son entière liberté de mouvement, comme un dessin qu'on animerait ? Fichez-moi la paix, je pars, je suis en route, je ne sais pas à quelle gare je vais m'arrêter et cela ne regarde personne, pensa-t-il. Je ne suis pas un salaud, je n'abandonne pas ceux qui vivaient avec moi puisque je ne suis qu'un être imaginaire et si j'ai envie de conter cette histoire à la première personne, qui dira le contraire ? Il y a tellement de façons de faire dans une narration. En attendant, laissez-moi me recroqueviller contre la paroi du compartiment à regarder les étendues nocturnes et sommeilleuses. Les kilomètres peuvent défiler en prenant le temps qu'ils veulent. La chose la plus importante est enfin palpable. Retrouver cette époque où on se demandait quoi faire. Décider d'aller au cinéma où faire une partie de cartes comme cruel dilemme. C'est mal connaitre Paul Lombard. Sa vie ne tient plus qu'à un fil et il le sait. Tant pis pour la famille et pour tous ses amis. Impensable pour ses admiratrices. Paul veut redistribuer les cartes et relancer la partie. C'est l'attitude lâche d'un joueur qui veut se refaire. Toutes ses pensées roulaient dans sa tête et il y a avait toujours le poids de l'idée qu'il aurait un prix à payer. Le pays de la liberté était encore loin, les attaches faisaient autant de marques sur ses poignets et ses chevilles portaient les cicatrices des fers aux pieds. Apparemment tranquille à regarder l'horizon sa boite crânienne abritait l'orage prévisible que déclenche le stress qui l'avait poussé à fuir. Il n'y a pas d'autre mot pour cette escapade. La différence entre le fantasme et le passage à l'acte prenait l'allure d'une torture. Il n'aurait rien pu expliquer sauf à dire qu'on a le droit de démissionner.
La porte du compartiment s'ouvrit sur un homme à la casquette avachie qui devait être le contrôleur et qui, effectivement lui demanda son titre de transport. Paul lui tendit son billet composté et demanda s'il y avait un arrêt avant la frontière. Le cheminot répondit que la frontière avait été franchie depuis qu'il était monté dans le train et lui rendit son ticket qu'il gratifia d'un sourire énigmatique. Décidant brusquement de faire les pieds au mur, il se renversa entre les deux banquettes et ses chaussures firent un bruit sec quand elles rencontrèrent la vitre. N'ayant pas pratiqué l'exercice depuis le lycée et n'en ayant jamais été un spécialiste, sa joie de retrouver la tête en bas n'en fut que plus agréable. Moins spectaculaire fut le rétablissement qui ressembla à une tige qui s'écrase et qui le transforma en petit tas informe dont on ne reconnaissait pas le bras d'une jambe. C'est ainsi qu'il passa quelques minutes à rire de lui-même et de ses illusions.
Paul descendit à la prochaine station. Comme le Professeur Tournesol, sa direction n'avait pas dévié de l'Ouest. Attiré par les derniers rayons du Soleil Couchant, comme un ami qu'on quitte parce qu'on a mieux à faire , la locomotive poursuivit son chemin de fer. Le quai était désert à l'heure tardive qu'indiquait la grande horloge de la gare. Un taxi solitaire michetonnait encore et il se laissa embarquer pour le centre-ville. Est-ce le début, se demanda-t-il, ou la fin ? Ratatiné au fond du bahut Paul ruminait ses pensées culpabilisantes jusqu'à ce qu'une enseigne lumineuse l'invite à arrêter la voiture. Son sac de voyage sur l'épaule, il pénétra dans l'auberge. Un porche sombre menait à l'accueil où somnolait un modèle de petit bonhomme dévoué qui s'enquérit de ses désirs.
Bar-chambre-casse-croûte ? No problemo, sir. Paul se rendit directement au bar et fut satisfait de contempler la longueur du zinc où de confortables tabourets hauts permettaient aux solitaires d'éviter d'avoir l'air seul à une table. Seul, accoudé au bar, il pita quelques apéritifs et vit venir avec plaisir le grand verre de bière blonde et moussante. Les conversations des clients faisaient un brou-ha-ha qui acheva de le faire disparaitre dans le décor. Avec la difficulté d'un bègue à articuler, il sirota lentement sa première bouffée de liberté. Observant, le regard perdu dans le vague, le spectacle enivrant des autochtones qui semblaient vouloir convaincre leurs interlocuteurs de sujets importants, apparut sur son visage le sourire énigmatique du contrôleur. Au barman qui lui demandait ce qui l'avait amené en ces lieux, il répondit qu'il était venu pour la foire. Les affiches de la gare l'avaient renseigné sur l'évènement commercial tant attendu et qui présentait tout ce dont a besoin pour sa maison, jusqu'à ces fauteuils de massage animés par plus de trente moteurs électriques, sans oublier le balai qui vous fait oublier la wassingue. Largement de quoi raconter une histoire à son voisin de bar qui venait de s'appuyer sur le rade, visiblement en mal de conversation. Mais vous aussi, vous êtes là pour la foire, demanda-t-il à la charmante brune qui s'était assise en se redressant sur le tabouret ? Paul, je m'appelle Paul, dit-il en lui proposant une cigarette. Ici, aussi, il est interdit de fumer ? Allons dehors, s'il le faut mais pas tout de suite, non, je suis de passage, oh, la foire, oui d'accord, si vous voulez mais vous ne devriez pas vous inquiéter, vous semblez avoir la vie devant vous, oui les temps sont durs mais il faut se battre car la concurrence existe et mon patron n'est pas commode, vous savez … je sais, je sais, j'ai tout quitté et je peux lui raconter que je cherche des câbles en nylon pour une expédition sous-marine ou des roulements à bille pour un moteur à eau, elle a juste envie d'entendre une voix sympathique. Whisky ? Le dernier alors.
"Mais, chère Carla, la liberté de s'obtient pas, elle se gagne. C'est une chose intérieure qu'on ne peut ressentir qu'avec un certain état d'esprit". Quelques cigarettes plus tard, déambulant dans le quartier qui s'anime la nuit, il avait eu le temps d'apprécier la conversation de la jeune femme. Comme un fruit inconnu qu'on cueille d'une branche d'un arbre qui dépasse sa clôture, elle avait la saveur exotique d'un agrume rafraichissant. Sans autre intention que de partager quelques moments de solitude et de ressembler plutôt à un couple qu'à une silhouette suspecte, il s'était laissé aller à poursuivre la visite de la city-by-night en sa compagnie. Ayant remisé son sac dans sa chambre, il l'avait rejoint devant le porche et dans un amical bras-dessus-bras-dessous elle l'avait guidé là où la nuit refuse de céder un pouce à l'affreuse journée des travailleurs modèles. "La nuit n'appartient à personne sauf à ceux qui ne dorment pas". Ce truisme n'ébranla guère Paul qui répondit une autre évidence, tant il ne s'agit pas de briller en conversation quand on n'a aucune raison de contrarier son interlocuteur. "Et en plus, ceux qui veillent tard n'en ont que faire du jour". Dans la salle enfiévrée de musique et de danse, ils se trouvèrent un coin tranquille, banquette en demi-cercle pas trop près de la sono. Champagne ? Que peut vouloir une femme à cette heure de la nuit ? Elles ne rêvent plus de trouver la perle pour se marier. Elles ont cru qu'en exigeant l'amour pour leur union, leur choix seraient le bon. Voilà que le mariage se brise une ou deux fois sur trois. Sauf quelques survivantes de l'église des fidèles qui croient au grand amour issu d'un coup de foudre, elles ne voient dans ce qu'elles appellent "les mecs" que des coups à tirer et méprisent généralement cette race obligée pour la reproduction. "La biologie travaille au fond du ventre, c'est ce qui nous sauvera", pensa Paul, in petto, heureux de pouvoir faire tinter sa coupe en souhaitant tout le bonheur du monde. Qui peut croire tenir le monde dans sa main est un fou et pour le dire il s'exprima ainsi : "Vous ne pensez pas que le hasard fait bien les choses"? -- "Est-ce que je crois au bonheur?", répliqua-t-elle, accompagnant sa phrase d'un rire cristallin qu'elle déploya en découvrant sa gorge. "Je suis une fille de nulle-part et je n'ai pas d'intention préméditée, si c'est ce que vous croyez." -- "Moi, j'ai pris la liberté comme on prend la poudre d'escampette." Comme un joueur pathologique qui se fait inscrire sur la liste des Interdits d'entrer dans un casino, sauf pour y boire un verre en solitaire, il avait posé une barrière sur laquelle un grand écriteau affirmait : POINT DE NON-RETOUR. Des souvenirs, Paul inventa une histoire à plaire, chercheur de trésors dans la Sierra Madre de l'âme tenu à une existence rigoureuse de Monsieur-tout-le-monde. Excitant l'imagination de la femme quand elle pense avoir trouvé l'exception qui confirme la règle, il masqua habilement l'indifférence qu'il éprouvait à être, pour un instant, l'intérêt central de son alter ego en solitude nocturne. Non pas que cette rencontre fut insipide à ses yeux de fuyard ou qu'il voulut limiter à des conversations sans importance les moments agréables qui s'écoulèrent en sa compagnie mais par respect pour un âme crédule qu'il tint à protéger des menteurs, il ne lui fit pas croire plus que deviner qu'il pouvait être aussi bien dans cette catégorie. Vautré au fond de la banquette, il sirotait ce premier instant de liberté.
Le soleil entrait finement par des rais parallèles et la lumière s'empoudrait de la poussière flottant dans l'air vicié de la chambre. Une vibration ronronnait depuis l'extérieur. Paul ouvrit un œil. A une heure aussi tardive pour son réveil correspondait un ralentissement de ses pensées et une bouche pâteuse. Il faudra y songer un peu plus tard, à moins maltraiter le métabolisme, dans la vie qui reste, pensa-t-il avec l'arrière pensée de ne jamais rien en faire, sauf à être nourri par une infirmière. La tête enfoncée dans l'oreiller fit demi-tour avec le reste du corps et il attendit sagement qu'une cohérence minimale commande la suite des évènements. Avait-il fêté dans une ivresse avancée son premier pas vers l'inconnue ou bien était-il sagement monté se coucher avec une dose massive de somnifères ? "Il faudra le savoir avant que de l'écrire et je n'en dirai rien qui ne puisse me nuire". Deux petits alexandrins pour démarrer la journée, Il en remercia Calliope.
Pronto, oui, petit déjeuner dans la chambre esto possible, much dank, café noir, jus d'orange, tartines grillées beurre confiture, laitage, ok pour des croissants mais pas de chocolatine. Qu'à la lumière qui entra dans la pièce quand le service d'étage vint porter le petit-déjeuner et ouvrit les volets, il ne fit pas autant de démonstration qu'aux calories qui s'offraient sur le plateau, se protégeant des rayons les plus agressifs qui perçaient la rétine en se décalant au bord du lit, n'était pas pour l'astre naissant une offense ni un crime de lèse-majesté. Il faut des forces pour regarder le soleil en face. L'énergie fila depuis l'estomac jusqu'aux artères et ses muscles purent dérouiller les articulations endormies. Sortant du sac de voyage une paire de chaussures de sports toute neuve, le genre qu'on appelle maintenant "runners", sous-ensemble des "sneakers", descendant des lointaines "tennis" dont une marque célèbre encore leur apparition quand elles devinrent de simples "baskets" mais qui ne conviennent en rien à la course à pied, dénommée "jogging" parce que pour avoir l'air d'un idiot qui n'a rien d'autre à faire que de courir seul dans des coins perdus jusqu'à l'épuisement, dégoulinant de transpiration, en baptisant cette activité d'un mot qui fera le hit chez la fashion-victim, tout autant que chez celui qui recherche à ne pas être resté un simple coureur à pied, il n'en faut pas moins le semelle adéquate. Paul se souvint de sa résolution : au moins une heure de sport par jour. Peut-on avoir l'air plus innocent qu'habillé en sportif ? Quoi de plus naturel que le sourire rendu contre sa clé en passant devant la réception ? Se mettre à courir ? Ah oui, c'est ça le "jogging" un pied après l'autre dépassant l'allure de la marche mais pas trop sans quoi l'essoufflement ou le point de coté arrive, surtout chez le débutant. Pas forcément attaquer la foulée de la pointe du pied, laisser les bras ballants et en avant. Il parait que ça fait du bien au bout d'un quart d'heure, quand la souffrance a laissé la place à la négation de la douleur car les endorphines médullaires empêchent la raison de se rendre compte de la contrainte qu'impose l'exercice. Dans ses recherches sur la meilleure façon de courir, Paul avait découvert que pour les premières séances, il faut être détendu pendant 2 à 3 minutes, ensuite marcher pendant 2 à 3 minutes. Ces pauses soulagent les articulations et diminuent la fréquence cardiaque. A recommencer 5 fois de suite. Entraîné régulierement, on peut courir 5 / 8/ 10 minutes sans gêne. Le système cardiovasculaire et la musculature augmentent leurs performances avec un entraînement régulier. Après un mois d'effort l'amélioration de vos performances vous étonne. Pour Paul, il ne s'agissait pas d'avoir l'air d'un débutant. Partant stupidement contre toute recommandation en petite foulée soutenue, il se dépêcha de passer le premier coin de l'immeuble pour appliquer la séquence détente-marche. Curieusement, le rythme de la course laisse l'esprit vagabonder. Comme dans une méditation, les pensées traversent les zones cérébrales et s'ordonnent à fur et à mesure de leur arrivée aléatoire. Les souvenirs se rangeaient d'eux-même bien gentiment et la brûlure thoracique que ses bronches subissaient n'avait pas d'autre explication que l'appréhension maladive qu'il avait eu jusque la, comme une coquetterie suprême, de préférer les jeux de l'esprit au culte du corps.
vendredi 25 avril 2008
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