dimanche 13 mai 2007

Hommes et femmes tous libres

On va pas commencer à militer pour le président de 2012

Etre libre ce n'est pas être hostile. L'indépendance, l'autonomie et la liberté sont des devoirs. Pas d'opposition systématique, pas de manœuvres. en tant que citoyen, on est en droit d'exiger que les hommes politiques défendent les questions qu'on se posent en tant que femme et en tant qu'homme. Dans l'idéal, il ne devrait pas y avoir de calculs de carrière. Il faut au moins, une dose de désintéressement. Le lien de confiance que peut avoir un élu est plus important que les bénéfices secondaires du statut de l'élu. Parler à tout le monde et être prêt à travailler avec tout le monde. Libre et constructif et observer scrupuleusement.

Pourtant, je ne le sens pas à l'aise, François Bayrou, pendant cette interview d'Europe 1 ce soir. Est-il agacé par l'ouverture qu'est entrain d'accomplir Nicolas Sarkozy ? Pressé de commenter le nom de Kouchner qui circule comme ministre des affaires Etrangères, il ne peut que regretter que la proposition n'ait pas été faite avant le premier tour. Notre homme politique libre devrait méditer ce proverbe : "on attrape pas les mouches avec du vinaigre".

Les silences de Jean-Pierre Elkabach trahissaient sa perplexité. Dans le fond, il entendait toujours de la langue de bois et tentait de revenir sur un terrain classique de la politique à la Française. Gagnant-perdant, alliances entre partis, allons, Monsieur Baillerou, vous êtes coincé, vous n'avez plus de députés, votre groupe à l'assemblée ressemble à un rêve, vous n'allez plus exister... 45 000 inscrits au MoDem ça ne vous dit rien, se défendait-il.

Je retiens donc de ces derniers jours l'idée que je peux être un homme libre, libre d'abord de pouvoir élaborer ma pensée et de l'exprimer. Si je suis plus enclin à vouloir sensibiliser à la modération, c'est sans doute parce je ne suis pas pour la peine de mort.

Alors, on peut monter un film sur Napoléon réincarné. Ecrire qu'il a été d'un professionnalisme sans erreur dans sa campagne. Qu'il a dit les mots qu'il fallait pour embobiner l'électeur. Ses cartes bien établies et l'état-major aux ordres, il déroulé sa main, abattant carte après carte. Jaurès, l'éducation, Ministère de l'immigration et de l'identité française et dix de der, liquidation de mai 68. Autre proverbe : "qui veut la fin veut les moyens".

Or, il se trouve qu'il fait le contraire de ce qu'on attendait. Comme si on se retrouvait dans un hold-up. Je ne crois pas trop à ces rumeurs sur les personnalités qui prennent le temps de la réflexion. C'est du bla-bla de journalisme. Je sais une chose : il ne s'agit plus pour le petit Nicolas d'être un nervillon excité parce qu'il n'a pas ce qu'il voulait. Arrivé, il est, en président, maintenant il doit penser.

Pas de procès d'intention. C'est perdre son temps.