HUDZAP'INSONG
Assis sous un olivier d'en haut de Siagne
Face à l'Ouest, je m'envole au delà des montagnes
Par dessus l'Atlantique dans l'île de Manhattan
Où, par pensée, j'arrive, dans un aéroplane.
Dans les vallées profondes bordées par les gratte-ciels
Mes pas retrouvent le béton du trottoir matriciel.
Un promeneur s'égare en parcourant les rues,
Perdu, pauvre pomme, il croise enfin Broadway Avenue.
Le nez scotché à une vitrine d'électronique,
Il rêve de c'qu'y lui manque pour faire de la musique,
Quelques dollars de plus, allez, cherche dans tes poches
Les derniers bucks ou alors, watch the cop: fauche !
Dans la Big Apple, les petits Français s'agitent,
Taquinés par la fièvre américaine, en fuite
Vers les possibilités apparentes, mirages
Post-modernes des talents grisés par le New-Age.
« Don't walk », affiche en rouge le signal au carrefour:
Aussi, je m'arrête, je lève la tête et je vois,
Comme des barrières immenses, le sommet de ces tours
Derniers vestiges de châteaux-forts ou de beffrois
Dans ces longs cous de dinosaures les gens s'engouffrent
Apaisant l'appétit de ces monstres orgueuilleux
Dont la politique correcte arrête ceux qui souffrent
Aux portes de la nuit, dans des cartons moelleux.
Mais New-York City ne fait pas dans le sentiment.
La grande mégalo ne s'intéresse pas aux larmes
Sauf sur les scènes du music-hall où deux amants
Désuets rejouent à la Yankee les anciens drames.
De West Side à Down Town, de Harlem à Brooklyn,
Les artères jaillissantes acceptent tous les globules.
Hé ! Miss Liberty, tu ne vois pas les combines
Si tu pouvais te retourner, prendre du recul..
J'entre dans un Tad's, pour manger, c'est pas trop cher,
Un T-bone Steak, patate bouillie et salade fraîche,
Une Budweiser, the king of beers, tellement légère,
Chez Mac Donald's, que du Coke, pas pour ma gorge sèche.
La folie des sneakers a envahi la ville,
Fabriquées à Taïwan, elles débarquent par camions
Pour chausser les joggers et autre pieds fragiles
Qui laissent à l'élégance le souci d'être fashion.
Avenue of the Americas, un poète noir
Etale ses oeuvres et il me parle d'un docteur
Dont il aurait besoin, pour soigner son histoire,
Le blues de Greenwich Village, à l'ombre des soeurs.
Va à New-York-City et trouve ce que tu veux.
Eternelle, solitaire, elle compose à loisir
La trame d'un tapis d'Occident, foire à neuneu
Qui se moque du temps car tel est son plaisir.
vendredi 14 septembre 2007
Inscription à :
Commentaires (Atom)
