D'abord quelques nouvelles de la pensée. Figurez-vous qu'elle est revenue. D'elle même. Oui. Elle s'est présentée, libre, disponible dit-elle, pour répondre à toutes les questions.
Alors, la politique française se place face à elle, forte de tous les bavardages entendus ci ou là. Le fond de ma pensée est sollicité.
Un grand vide réflexif s'impose alors, comme si je ne savais plus quoi dire. Comme si les portes du cerveau s'étaient fermées. Je ne suis pas le seul. Une espèce de sidération mentale s'empare de beaucoup de personnes qui répètent en boucle que la défaite n'est qu'un premier pas vers la victoire. Faire comme si on avait encore une ligne de défense, ne pas donner l'air de n'être devenu qu'une façade, une raison sociale, une boite aux lettres.
Mais si l'on est pas un inactif, que faire ? S'asseoir au bord de la rivière et attendre de voir passer le corps de son ennemi ? Dans ce cas, j'emporte la canne à pêche, ça risque d'être long, la vague bleue a tout pris, les places, les postes, les clés et même la dialectique. Elle a mis du temps à l'apprendre, sa rhétorique de la gagne en phase avec son temps mais elle la tient bien maintenant, à chaque tour de tchatche, elle met l'adversaire au tapis : "vous ne proposez rien, vous ne faites que critiquer, vous n'êtes pas du même avis entre vous"... Rachida dans ses œuvres, ajoute ses yeux noirs et tu tombes raide mort ;+).
L'enthousiasme a besoin de motivations et la perspective politique de ces cinq prochaines années pour une opposition qui est éparpillée semble morose. Est-ce-que le PS pourrait l'incarner ? Je cite un de mes amis blogueur sur WSL :
Dès la minute qui a suivi l’annonce des résultats, trois tendances ce sont fait jour au sein du PS :
· Celle de la candidate qui a tenté de prendre le contrôle du Parti avec pour seul objectif la présidentielle de 2012 !
· Celle de DSK qui appelle à une refondation du Parti, prenant en compte le monde tel qu’il est.
· Celle du compagnon de la candidate, fidèle à lui-même, qui suggère de ne rien faire et d’essayer de limiter les dégâts aux législatives ... "
Bon, c'est dur à entendre, surtout si on pense que Royal peut incarner une réponse politique mais à l'entendre encore dimanche soir, toujours partant d'un ton pathétique mièvre pour finir en harangue légèrement agressive, je me mets à penser qu'elle ferait mieux de prendre un poste de DRH. A mon avis, elle en a le profil.
Le MoDem ? La rentrée parlementaire sera moqueuse pour les heureux députés qui auraient tiré leur épingle du jeu électoral. Tu le vois le Bayrou, possiblement seul député d'un groupe qui ne sera pas ? Probablement fini pour lui aussi. Les adhérents sont une force réconfortante qui ne suffira pas, pour l'heure, à contrer la vague bleue.
S'achemine-t-on vers un système de parti unique ? L'immense majorité devient diverse. L'ouverture déjà réalisée, je le souhaite, se poursuivra. Elle a cinq ans devant elle. Sans substrat, l'opposition sera réduite aux procès d'intention et sera en perpétuel port-à-faux. Il n'y aura pas que des succès dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Mais, si l'on taxe actuellement de sectarisme ceux qui se sont opposés dans les urnes à ce sarkosysme naissant, on aimerait trouver chez eux le respect pour des personnes qui ont pensé écrire l'histoire autrement. Vivre sans rêves n'est pas concevable, vivre en croyant que le volontarisme est l'ultime clé des portes qui s'ouvrent sur les solutions me fait un peu sourire.
Je compte donc sur la malignité rouée de notre Président pour ne pas tomber lui aussi, dans ce piège.
lundi 11 juin 2007
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