vendredi 29 février 2008

En mémoire de mon pays natal que j'aimerais bien visiter un jour

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lundi 25 février 2008

critique des Bienveillantes

30.08.2006
L’espace d’un roman

pris sur un blog de 2006 : je lis le roman et j'aime bien cette critique. Elle n'en que mieux sauvegardé si jamais, par un hasard curieux, son auteur Carnets de JLK venait à la retrouver ici : le lien qui ma mené à ce texte admirable : carnetsdejlk.hautetfort.com/.../08/index.html.

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Lecture des Bienveillantes (4)
Limiter la valeur des Bienveillantes à l’apport d’un monument documentaire me semble prouver une lecture impatiente, hâtive ou partielle, qui ne tient aucun compte de la transposition des faits dans les sphères du temps et de l’espace. Jonathan Littell a certes le mérite d’avoir accumulé une documentation considérable et sur des faits souvent méconnus du public ou des non spécialistes, mais l’apport fondamental des Bienveillantes n’est pas là, pas plus que celui de la Recherche du temps perdu n’est de proposer un tableau de la bonne société parisienne au tournant du XXe siècle. Je ne prétends pas pour autant que le jeune romancier soit à comparer à Proust, non plus qu’à Céline, et pourtant la transposition romanesque qu’il opère, dans Les Bienveillantes, à partir de ses données documentaires, n’en est pas moins d’un admirable effort de transposition et d’incarnation, par un médium, au sens où l’entendait un Simenon, qui nous fait endosser une peau à notre corps défendant, parcourir une certaine courbe temporelle et investir une topologie, sans rien de commun avec le déploiement linéaire d’un rapport factuel ou les « lieux » ordinaires du reportage ou de l’essai.
Lire et plus encore : vivre Les Bienveillantes suppose, de la part du lecteur, un accommodement du regard extrêmement rare dans le roman contemporain, qui nous a rendus si paresseux. Le mimétisme en est évidemment déplaisant, qui nous fait partager tant de pages avec un personnage infiniment trouble, que sa « passion de l’absolu » d’intellectuel raffiné, acquis à une utopie qui flatte son hybris, porte à la « radicalité de l’abîme » et à tous les « sacrifices » qui en découleront. Comme Himmler, bien peigné et manucuré, l’explique page 129 à ces Messieurs les Herr Dr Untel et Untel qui viennent de liquider plus ou moins « proprement » quelques dizaines de milliers d’Untermenschen dans les grands ravins de Kiev, la finalité de tout ça est un Jardin où le soldat-cultivateur allemand pourra biner et sarcler en paix au milieu de ses esclaves ukrainiens ou ruthènes. Cela ne vaut-il pas quelque sacrifice ? Cela pour le tout début : quand Max doute encore un peu de la grande invention nazie (page 127), avant de participer, une action après l’autre, et au fil d’une odyssée qui lui fait prendre du grade dans la hiérarchie infernale, jusqu’au temps de tout raconter, bien assis à son bureau d’industriel de la dentelle…
Est-ce détourner notre attention de l’abomination du XXe siècle que de filtrer l’observation des Bienveillantes par le regard d’un homme tel que Max Aue ? A vrai dire on n’a pas assez dit son vice principal : la curiosité, à la fois littéraire et scientifique. Elle est la base même du roman. Est-ce celle de Jonathan Littell ? C’est évident, à cela près que la curiosité de Littell vise la vérité et la justice. Mais n'y a-t-il pas en Jonathan Littell trace de perversité ? Il y a en a sans doute comme chez tout écrivain, dont le meilleur exemple serait un Dostoïevski. Jonathan Littell est-il, pour autant, fasciné ou « sous le charme » de Max Aue ? Je ne le crois pas du tout. Par ailleurs, est-il significatif que Max Aue soit homosexuel, comme Angelo Rinaldi s’en inquiète ? Nullement. D’ailleurs Max Aue n’est homosexuel que par raccroc, si l’on peut dire, après un premier amour hétéro contrarié. Toute son histoire est marquée par le ressentiment et l’amor sui, et son goût pour la sodomie relève quasiment de la mécanique, jamais accordé à aucun sentiment ni aucune intimité réelle, même s’il est capable (avec Thomas) d’amitié. De toute façon, la part de la psychologie personnelle, des rêves, des actes aussi (la baise occasionnelle et le meurtre) n’occupent, dans Les Bienveillantes, qu’une place mineure, juste bonne à éclairer le néant affectif du protagoniste et son nihilisme philosophique, qui ne l’empêchent pas de faire son chemin de fonction et ses « expériences ».
Sa complexion personnelle ne serait pas intéressante si le livre n’était à la fois, dans un temps renoué en spirales successives, celui d’une conquête d'empire et d’un désastre annoncé, qui est celui-là même de la conscience humaine au XXe siècle. Max Aue lit le journal de Stendhal et Tertullien, goûte Rameau et Couperin et se reproche d’avoir oublié son pull-over quand on le force à assister à une exécution de masse, mais il n’en a pas moins les yeux ouverts et il note, il note tout. C’est l’expérience sur soi incarnée que Max Aue. Max Aue incarne en outre, du point de vue moral et spirituel, le péché contre l’Esprit, et donc le Mal absolu, mais cela doit-il être relevé par Jonathan Littell ?
Lorsque je peins des voleurs de chevaux, disait à peu près Tchekhov, je n’ai pas besoin de dire, à la fin de mon récit, qu’il est mal de voler des chevaux, ou alors c’est que mon récit ne vaut rien. Le procès qu’on fait aujourd’hui à Jonathan Littell, sous prétexte qu’il ne dit pas assez que son protagoniste est un démon, à croire qu’il en est fasciné, est le même qu’on faisait à Tchekhov, qui avait le tort de montrer la réalité telle qu’elle est, en laissant le lecteur juge.

dimanche 17 février 2008

le jazz

Pourquoi mettre toute sa mise sur ce numéro ? Hein ? Parce que cette musique ne parle que de souffrances ou parce qu'elle vous remue le sang en vous faisant gigoter ? Dans les sociétés tribales la musique a une fonction essentielle; elle soude la communauté et apporte la survie au groupe à travers la communion avec les esprits. Elle délivre, comme Saint-Martin, les âmes empoisonnées par le démon. Elle n'est pas le fond sonore de la musique d'ascenseurs ni les concours de voitures sonorisées : Record du monde d’auto-basses à 180,5 dB , subwoofer.jpg .Il vous faut monter un cran au dessus.


On est loin du jazz, n'est-ce-pas ? Ecoutez Alabama de John Coltrane et si vous ne ressentez pas la souffrance du Peuple Afro-américain , passez votre chemin. C'est vrai ça n'a pas l'air d'être marrant, dîtes-vous mais dans un concert même classique, il y a l'adagio, le moment calme où l'on entend le silence autour des notes. C'est ce qu'il y a de plus difficile à atteindre. L'industrie s'est emparé de la musique, que voulez-vous, c'est comme ça depuis qu'on peut vendre des enregistrements. Sergiu Celibidache disait que c'était de la musique en conserve et refusait d'enregistrer. Il faut bien une exception. C'est presque la seule. Les musiciens ont déjà du mal à vivre de leur art.


Qu'est-ce que l'enseignement musical en France ? Formons-nous nos enfants à apprécier autre chose que M6 Music, NRJ ou autre Skyrock, premières étapes avant Nostalgie ou Chérie FM ? La guitare électrique comme premier élément d'émancipation dans un orchestre rock, merci la vague du punk. Le disco qui enterre le rock progressive et les premiers clips, le vedettariat par la publicité, le business. Il a toujours existé, Mozart obligé de donner des concerts de piano à une époque où les musiciens étaient des domestiques.

Les fous ne s'arrêtent pas à la quantité du public et poursuivent dans une quête souvent douloureuse leur idéal musical, ne voulant pas sacrifier la signification de leur musique à un intérêt commercial. Malheureusement, personne ne les connait sauf quelques amis. Dur-dur de taire ses talents. Le jazz est aussi largement soumis au cachet de l'artiste et il ne crache pas dessus, croyez-moi. C'est juste qu'il y a moins de fric pour des artistes qui savent ce que veut dire travailler son instrument que pour des idoles des jeunes à la mode.

C'est comme ça : il n'y a pas à vouloir sortir de cette situation sans trouver un compromis. En mémoire de tous ceux qui sont morts au chant des gammes. Henri Salvador n'était pas dupe de ses capacités musicales et il a eu plus de succès populaires que d'autres guitaristes de jazz : on ne lui en veut pas bien au contraire. Il en est ainsi de certains musiciens. Accédant au Panthéon des ritournelles, Zorro arrive et ma Doudou est partie tout là-bas. Expliquez-moi quand-même pourquoi un métis né à Cayenne a si bien réussi. Ciao l'artiste, tu nous as montré qu'à travers la musique, ce qu'il y a d'important c'est de rire ensemble.

mercredi 13 février 2008

Vaccinez vos enfants contre l'hépatite

Même les ados. Une récente étude ne retrouve pas de lien entre maladies démyélinisantes et la vaccin et pourtant on répand à nouveau le doute dans nos tribunaux. 20 milllions de doses et 1300 complications recensées, sans qu'il n'y ait forcément de lien de cause à effet.

En tant que praticien, je tiens ce discours : l'hépatite B est une réalité, le vaccin existe pour s'en protéger. A vous de décider si vous laissez votre enfant non-protégé. Si jamais il est contaminé et développe une forme grave de la maladie, j'espère que vous vous souviendrez que je l'avais l'avais recommandé. "C'est vous qui voyez" ou autrement dit, consentement éclairé du patient.

Placé dans la position de responsables, il est peu fréquent de voir des parents ne pas accepter la vaccination, acceptée pour toutes autres maladies sans se faire des nœuds au cerveau. Le nouveau vaccin anti-pneumococcique Prevenar n'a pas le doute préalable de l'opinion et depuis deux ans, tous les nourrissons reçoivent 4 doses entre 3 et 18 mois. Le plus drôle, c'est de lire un article sur un essai de vaccination avec l'ADN dans les maladies démyélinisantes comme la sclérose en plaque. Et oui, heureusemenet que les chercheurs n'ont pas d'a priori.

lundi 11 février 2008

Vol-au-vent

Un voile pudique, un voile d'opprobre, un voile discret, un voile de religieuse, un voile de circonstance, terrible objet de symbolisme et soumis à philosophie occupe la pensée. Réduit à ce qu'il est, un plan qui sépare deux ondes, il a peut-être des vertus d'équilibre, maintenant ceux qui en veulent, séparés de ceux qui n'en veulent pas. Ça semble artificiel à l'esprit uniciste dont la finalité est de tout mélanger, cherchant un équilibre instable qui le fait avancer dans un futur où le néant apparait comme plus viable que la lutte perpétuelle des communitaristes qui cherchent une voie tracée à partir d'une carte incomplète mais qu'on décide de prendre comme référence.

Tous les dogmes sont dans ce cas. Le scientisme n'a pas plus de bonne carte et en tout cas pas celle du futur mais au moins, il permet de se dire réfléchi quand on y pense. Mais c'est certain qu'il faut encore rappeler des évidences. Une palissade pour séparer la vérité du mensonge. La seule question intéressante est de savoir si elle a une utilité. L'effort fait pour maintenir une différence est en soi-même source d'énergie. Bien que rien ne se perde ou ne se crée, le difficile maintien de l'équilibre est une source informative dont les effets sont à observer. La discipline a fait construire les Pyramides.

Comme c'est beau une armée qui défile, uniformes impeccables, menton au vent. Comme c'est beau un parlement moderne qui vote à l'unanimité ou presque. Toutes les apparences d'une harmonie idéale dans une société construite sur les valeurs reconnues. Victoire de la démocratie pour moins de liberté contre un anonymat qui n'est plus de mise. C'est maintenant qu'on vous pose la question : avec ou contre nous ? Ça n'est pas moins méchant qu'une alternative. Ça a le sel de ces conversations feutrées où l'on se rend bien compte qu'il en faut très peu dire, de crainte pour sa personne. Bonjour l'ambiance.

Il faut bien admettre que vouloir aider les héritiers d'Ataturk en étant favorable à leur entrée dans l'Europe devient un exercice de style difficile. En France, on a trouvé le concept de marques ostentatoires : comme le tabac, chez toi ou dans la rue. Quelle peine de voir toutes ces manifestations des laïcs Turcs qui me font penser à des barouds d'honneur. La chape est retombée, le discours réorienté dans un monde où plus aucune boussole ne montre de direction. Toutes sont bonnes à prendre, il faut croire que ça ne pose pas de problèmes.

Personnellement, je comprends l'engagement religieux et serais le premier à dire qu'il faut le respecter. même si chaque barrière qu'on redresse fait reculer la liberté individuelle. Au fond, c'est un choc entre une société libérale et une société dirigée. La liberté personnelle est un gage de survie qui fait avancer toute l'humanité ou la liberté qui s'offre à tous est un leurre pour des gibets de potence. Luttons pour la défendre ou éliminons le piège. Oui mais, nous sommes déjà dans la nasse : alors ?

Alors la Paix, ce vieux rêve prend un tackle de plus. Non pas qu'une simple étoffe ne puisse se porter mais qu'à vouloir le faire, sans chercher à distinguer dans un brouhaha d'arguments la voie de cette femme qui finit par s'imposer la honte des cheveux que Dieu lui a donné, jusqu'à les cacher pour respecter les traditions de sa communauté, où celle qui l'enlève se fera immanquablement remarquer et parfois punir, cela donne une envie de laisser cette envie de masochisme comme on arrête un jeu ou une conversation. Et quand on se parle plus ...

Fais ce que voudras, c'est quand même notre Rabelais, écrivain du 16ème siècle qui nous le recommande. Nulle envie d'arracher les foulards à la tête des pratiquantes mais gêne quand nos regards se croisent, toi, marchant derrière lui et que dans mes prunelles tu trouves aussi la compassion qui trouble les idées arrêtées à un dogme indiscutable. Cheveux au vent, rasées, frisées, nattées, chignonnées ou même perruquées, les femmes sont malheureuses d'avoir perdu en traditions ce qu'elles gagnaient en soi-disant émancipation. Regard admirable pour un dialogue sans mot, chacun dans le destin qui lui est assigné. Un jour peut-être on parlera.

Mai 68 qui recommencerait avec son interdiction d'interdire , rigolade de potaches avec comme seule arme le poil-à-gratter, ça on a bien compris, le bâton est plus fort et la tête a encore mal des coups qu'elle a reçu. Pourquoi cela me fait-il penser (encore !!!) à une certaine Carla, vêtue d'un seul anneau et de longues cuissardes et dont toute l'anatomie est partagée avec le Président ? Comme disait Glucksman ce matin sur Europe1, plus mai 68, tu meurs. Saint-Paul parlait de la circoncision du cœur, la seule exigence envers Dieu : moi, ça me suffit.

samedi 9 février 2008