jeudi 27 novembre 2008

Paul, Reviens !

Paul était exténué. Recroquevillé sur un lit de camp installé au fond de la bicoque où il avait trouvé à loger, comme groggy, il sommeillait. Son corps fébrile et douloureux lui envoyait de calamiteux messages. A quel point un organisme peut supporter l'effort, la faim, le repos déprimant dans une cellule de forçat, où rien n'a de couleur, variations brunes et noires d'une crasse poussiéreuse accumulée ? On ne peut pas tout quitter sans tout perdre, c'est la règle. Il avait bu le sel de la terre et à présent, l'eau pure lui manquait. Son regard inexpressif n'avait rien d'intéressant à regarder dans cette maison misérable.

Enfermé dans sa tête, les pensées s'étaient vidées des souvenirs heureux qui sont la vie des gens. Ces gens, ils ne les voyait plus, aucun n'avait plus de valeur qu'un autre, il ne cherchait plus à construire idiotement une relation confiante tant il avait eu à souffrir d'une parole donnée inutilement. La question de l'utilité n'était plus posée. Toute responsabilité détruite, Paul avait trouvé la liberté comme un rat s'arrange de ce que l'homme lui laisse sans aucune convenance.

Dormir quelques heures, presque un luxe, un loisir d'innocent. Dans le grand township de la zone, il n'y a pas d'autre loi que de fondre son corps dans une mécanique indifférente. Impitoyable et cruel, ressemblant à un jeu où l'on doit cacher ses cartes en permanence, rendant les visages fatigués, les yeux creusés et le sourire absent, le contact ne s'établissait qu'avec la nécessité méfiante quand on se trouve dans la recherche de l'indispensable accord minimal, qui épargne, autant que ce soit possible, l'usage de la violence.

Sans nouvelles de Paul depuis des semaines, elle se désespérait du temps qui passait. Quoi de plus naturel que d'attendre dans une souffrance patiente le retour de Tristan, quoi de plus tragique que de voir une voile noire alors qu'elle eût due être blanche ? Toujours l'idée du pire qui nous assaille, c'est sans doute pour conjurer à force d'exhortations semblables les erreurs du sort. Dans ces histoires minuscules se détache la structure véritable car tout se réduit à un principe, qu'on en ait ou non.

Sortant de sa torpeur, paresse congénitale et grand but de l'homme, Paul se résolut à écrire. Il prit une vieille feuille de papier et le dernier crayon qui restait et griffonna : "il y a une chose indéniable dans les informations qu'on croit fondamentales; le sort des uns ne dépend pas forcément du sort des autres et quand une pièce maitresse manque au compte des années, il faudrait pouvoir revenir en arrière et satisfaire aux quatre volontés des enfants qui n'ont pas eu de cesse que de vouloir toujours plus que ce qu'il croient qu'on a jamais eu en tout cas, c'est le destin apparent des situations disparates quand on essaie de disparaitre car il ne reste plus rien à faire ou à dire qu'on ait jamais essayé d'obtenir"...

vendredi 25 avril 2008

Paul Lombard s'échappe

Il faisait tard, il faisait nuit. La pluie tombait doucement sur les pavés luisants des ruelles sombres, faiblement éclairées par de rares réverbères qui diffusaient un halo blafard que l'humidité brouillardeuse achevait de diminuer. Paul Lombard en avait assez de sa vieille gabardine. Il fallait qu'il en change au plus vite. Cela pourrait attendre encore un peu mais c'était au programme. Il avait pris en début de journée la décision la plus importante de sa vie. Ça n'avait pas été facile, même si la théorie était en place depuis des années, ce qui a eu l'intérêt d'éviter une tergiversation de dernière minute. Non, il ne reviendrait pas en arrière. Ses pas s'éloignaient inexorablement des souvenirs dangereux pour sa résolution. Il se connaissait si bien qu'il avait fallu mettre des points de non-retour dans sa décision. Avant tout, ne jamais recroiser un chemin connu. Sans s'en douter, ses chaussures auraient peut-être pris la direction du bercail et il était clair dans ses pensées que cette possibilité devait être combattue à tout prix, ne laissant pas une chance au hasard de faire échouer son projet. Projet sans but mais justement, c'est celui qu'il recherchait. Il en avait tellement atteint des buts, tellement satisfait des envies et des besoins, tellement rendu aux autres ce qui avait été donné. Sans vouloir faire de lui un exemple, il faut dire que, depuis des années, il s'était montré un opiniâtre considérable, ne manquant jamais à ses devoirs familiaux ou professionnels. On se demandait même comment il réussissait à tout faire, vu qu'il se consacrait également à d'autres activités. Les courtes-vues ne peuvent pas apprécier la perspective d'une construction complexe car ils réduisent leurs conclusions à l'aspect de la façade. La gare au coin de la rue, encore quelques pas, la voici, dans sa vieille architecture du début du vingtième siècle, monument de brique, de ferraille et de verre, dont les portes largement ouvertes laissent passer le flot des voyageurs. Le but est à portée de pied, être un anonyme de plus, un passant sans importance, une silhouette imperceptible à qui on ne demande jamais rien, même pas un renseignement. Quel quai, quelle importance ? Un billet sans âme à un distributeur électronique lui donna le sentiment d'avoir enfin franchi la dernière étape mais c'est au moment de s'asseoir dans le compartiment et qu'il regarda à travers la vitre qu'il se sentit l'acceptation intime de sa pensée car il poussa un énorme soupir dont tout le monde profita. Le train roulait maintenant à vive allure. Les paysages défilaient comme dans un film vu trop souvent. Dans la nuit, les maisons isolées, lumignons au bout de petites routes qui suivent la voie ferrée, éclairaient chichement la campagne. Endormie, elle se souciait peu du voyageur et de son impression rétinienne. Paul avait enfin ôté sa gabardine. Repliée dans le sac de voyage disposé dans l'étagère au dessus de sa tête, il s'en occuperait plus tard. Le compartiment vide permettait à sa rêverie de se prolonger. Il s'était mis le plus à l'aise possible dans l'espace assis qu'il avait réquisitionné près de la fenêtre. "J'aurais tout le temps de prendre des décisions", se disait-il. Il n'était pas question d'obligations dans un voyage sans but. Pour l'instant, l'ordre du jour était "Direction Sud"et d'une façon inconsciente, l'esprit en accord avec le corps qui avait tacitement indiqué de fuir en direction de la chaleur, dans un pays où il suffit de sandales pour se chausser, d'un peu de tissu pour être décent et où il n'est pas nécessaire de réfléchir à l'hiver, dans l'espoir de rejoindre un endroit réservé à quelque initié, ses souvenirs aboutissaient à la conclusion qu'il vaut mieux éviter de porter sempiternellement le poids de la lutte ancestrale contre les frimas. Insaisissable réminiscence d'un bonheur à revivre sans les complications accumulées par les intrications de plus en plus contradictoires d'un quotidien enchainant les devoirs. Affreusement, chaque ville offrait sa banlieue faite de préfabriqués clinquants aux enseignes grotesques dévorant les vieux pavillons ou les terres maraichères. Est-ce que c'est beau une ville la nuit ? Simulacre de nature morte dont l'esthète peut s'émerveiller tandis que notre voyageur n'y voyait qu'histoires sans fins de milliers de personnes essayant de survivre au milieu d'une société qui n'était plus faite pour lui tant il avait essayé de la vivre de l'intérieur et n'en avait retiré que doutes et joies passagères. Il ne regrettait rien de ces belles années où les illusions qu'il s'était construit permirent à sa jeunesse de s'épanouir, de faire comme tout le monde, mieux que tout le monde et sans être le cousin du roi, il aurait pu manger à sa table, si, toutefois, il fût invité. Que lui importait, à présent, les couverts en argent et les verres en cristal, ainsi que la porcelaine de Limoges à bords dorés. Autant il avait voulu de ces souvenirs patiemment accumulés par une famille économe, autant il était étonné de réaliser à quel point tout cela lui semblait si futile. Brisé dans son éducation par la vanité ostentatoire qui semble une force invincible et en bon général qui sonne la retraite dans une bataille perdue, la seule solution envisageable est la fuite. Il ne s'arrêterait pas avant la frontière de l'Ouest, c'était une des rares résolutions auxquelles il tenait. Qu'est-ce qu'on peut bien penser dans un train en marche, assis dans un compartiment vide, sans idée sur la destination ? Repasser en boucle les souvenirs dont l'énumération suffira à faire une histoire alors qu'on est parti pour les oublier n'est pas logique. Mais est-ce que Paul devait rester logique ? N'a-t-il pas son entière liberté de mouvement, comme un dessin qu'on animerait ? Fichez-moi la paix, je pars, je suis en route, je ne sais pas à quelle gare je vais m'arrêter et cela ne regarde personne, pensa-t-il. Je ne suis pas un salaud, je n'abandonne pas ceux qui vivaient avec moi puisque je ne suis qu'un être imaginaire et si j'ai envie de conter cette histoire à la première personne, qui dira le contraire ? Il y a tellement de façons de faire dans une narration. En attendant, laissez-moi me recroqueviller contre la paroi du compartiment à regarder les étendues nocturnes et sommeilleuses. Les kilomètres peuvent défiler en prenant le temps qu'ils veulent. La chose la plus importante est enfin palpable. Retrouver cette époque où on se demandait quoi faire. Décider d'aller au cinéma où faire une partie de cartes comme cruel dilemme. C'est mal connaitre Paul Lombard. Sa vie ne tient plus qu'à un fil et il le sait. Tant pis pour la famille et pour tous ses amis. Impensable pour ses admiratrices. Paul veut redistribuer les cartes et relancer la partie. C'est l'attitude lâche d'un joueur qui veut se refaire. Toutes ses pensées roulaient dans sa tête et il y a avait toujours le poids de l'idée qu'il aurait un prix à payer. Le pays de la liberté était encore loin, les attaches faisaient autant de marques sur ses poignets et ses chevilles portaient les cicatrices des fers aux pieds. Apparemment tranquille à regarder l'horizon sa boite crânienne abritait l'orage prévisible que déclenche le stress qui l'avait poussé à fuir. Il n'y a pas d'autre mot pour cette escapade. La différence entre le fantasme et le passage à l'acte prenait l'allure d'une torture. Il n'aurait rien pu expliquer sauf à dire qu'on a le droit de démissionner.

La porte du compartiment s'ouvrit sur un homme à la casquette avachie qui devait être le contrôleur et qui, effectivement lui demanda son titre de transport. Paul lui tendit son billet composté et demanda s'il y avait un arrêt avant la frontière. Le cheminot répondit que la frontière avait été franchie depuis qu'il était monté dans le train et lui rendit son ticket qu'il gratifia d'un sourire énigmatique. Décidant brusquement de faire les pieds au mur, il se renversa entre les deux banquettes et ses chaussures firent un bruit sec quand elles rencontrèrent la vitre. N'ayant pas pratiqué l'exercice depuis le lycée et n'en ayant jamais été un spécialiste, sa joie de retrouver la tête en bas n'en fut que plus agréable. Moins spectaculaire fut le rétablissement qui ressembla à une tige qui s'écrase et qui le transforma en petit tas informe dont on ne reconnaissait pas le bras d'une jambe. C'est ainsi qu'il passa quelques minutes à rire de lui-même et de ses illusions.

Paul descendit à la prochaine station. Comme le Professeur Tournesol, sa direction n'avait pas dévié de l'Ouest. Attiré par les derniers rayons du Soleil Couchant, comme un ami qu'on quitte parce qu'on a mieux à faire , la locomotive poursuivit son chemin de fer. Le quai était désert à l'heure tardive qu'indiquait la grande horloge de la gare. Un taxi solitaire michetonnait encore et il se laissa embarquer pour le centre-ville. Est-ce le début, se demanda-t-il, ou la fin ? Ratatiné au fond du bahut Paul ruminait ses pensées culpabilisantes jusqu'à ce qu'une enseigne lumineuse l'invite à arrêter la voiture. Son sac de voyage sur l'épaule, il pénétra dans l'auberge. Un porche sombre menait à l'accueil où somnolait un modèle de petit bonhomme dévoué qui s'enquérit de ses désirs.

Bar-chambre-casse-croûte ? No problemo, sir. Paul se rendit directement au bar et fut satisfait de contempler la longueur du zinc où de confortables tabourets hauts permettaient aux solitaires d'éviter d'avoir l'air seul à une table. Seul, accoudé au bar, il pita quelques apéritifs et vit venir avec plaisir le grand verre de bière blonde et moussante. Les conversations des clients faisaient un brou-ha-ha qui acheva de le faire disparaitre dans le décor. Avec la difficulté d'un bègue à articuler, il sirota lentement sa première bouffée de liberté. Observant, le regard perdu dans le vague, le spectacle enivrant des autochtones qui semblaient vouloir convaincre leurs interlocuteurs de sujets importants, apparut sur son visage le sourire énigmatique du contrôleur. Au barman qui lui demandait ce qui l'avait amené en ces lieux, il répondit qu'il était venu pour la foire. Les affiches de la gare l'avaient renseigné sur l'évènement commercial tant attendu et qui présentait tout ce dont a besoin pour sa maison, jusqu'à ces fauteuils de massage animés par plus de trente moteurs électriques, sans oublier le balai qui vous fait oublier la wassingue. Largement de quoi raconter une histoire à son voisin de bar qui venait de s'appuyer sur le rade, visiblement en mal de conversation. Mais vous aussi, vous êtes là pour la foire, demanda-t-il à la charmante brune qui s'était assise en se redressant sur le tabouret ? Paul, je m'appelle Paul, dit-il en lui proposant une cigarette. Ici, aussi, il est interdit de fumer ? Allons dehors, s'il le faut mais pas tout de suite, non, je suis de passage, oh, la foire, oui d'accord, si vous voulez mais vous ne devriez pas vous inquiéter, vous semblez avoir la vie devant vous, oui les temps sont durs mais il faut se battre car la concurrence existe et mon patron n'est pas commode, vous savez … je sais, je sais, j'ai tout quitté et je peux lui raconter que je cherche des câbles en nylon pour une expédition sous-marine ou des roulements à bille pour un moteur à eau, elle a juste envie d'entendre une voix sympathique. Whisky ? Le dernier alors.

"Mais, chère Carla, la liberté de s'obtient pas, elle se gagne. C'est une chose intérieure qu'on ne peut ressentir qu'avec un certain état d'esprit". Quelques cigarettes plus tard, déambulant dans le quartier qui s'anime la nuit, il avait eu le temps d'apprécier la conversation de la jeune femme. Comme un fruit inconnu qu'on cueille d'une branche d'un arbre qui dépasse sa clôture, elle avait la saveur exotique d'un agrume rafraichissant. Sans autre intention que de partager quelques moments de solitude et de ressembler plutôt à un couple qu'à une silhouette suspecte, il s'était laissé aller à poursuivre la visite de la city-by-night en sa compagnie. Ayant remisé son sac dans sa chambre, il l'avait rejoint devant le porche et dans un amical bras-dessus-bras-dessous elle l'avait guidé là où la nuit refuse de céder un pouce à l'affreuse journée des travailleurs modèles. "La nuit n'appartient à personne sauf à ceux qui ne dorment pas". Ce truisme n'ébranla guère Paul qui répondit une autre évidence, tant il ne s'agit pas de briller en conversation quand on n'a aucune raison de contrarier son interlocuteur. "Et en plus, ceux qui veillent tard n'en ont que faire du jour". Dans la salle enfiévrée de musique et de danse, ils se trouvèrent un coin tranquille, banquette en demi-cercle pas trop près de la sono. Champagne ? Que peut vouloir une femme à cette heure de la nuit ? Elles ne rêvent plus de trouver la perle pour se marier. Elles ont cru qu'en exigeant l'amour pour leur union, leur choix seraient le bon. Voilà que le mariage se brise une ou deux fois sur trois. Sauf quelques survivantes de l'église des fidèles qui croient au grand amour issu d'un coup de foudre, elles ne voient dans ce qu'elles appellent "les mecs" que des coups à tirer et méprisent généralement cette race obligée pour la reproduction. "La biologie travaille au fond du ventre, c'est ce qui nous sauvera", pensa Paul, in petto, heureux de pouvoir faire tinter sa coupe en souhaitant tout le bonheur du monde. Qui peut croire tenir le monde dans sa main est un fou et pour le dire il s'exprima ainsi : "Vous ne pensez pas que le hasard fait bien les choses"? -- "Est-ce que je crois au bonheur?", répliqua-t-elle, accompagnant sa phrase d'un rire cristallin qu'elle déploya en découvrant sa gorge. "Je suis une fille de nulle-part et je n'ai pas d'intention préméditée, si c'est ce que vous croyez." -- "Moi, j'ai pris la liberté comme on prend la poudre d'escampette." Comme un joueur pathologique qui se fait inscrire sur la liste des Interdits d'entrer dans un casino, sauf pour y boire un verre en solitaire, il avait posé une barrière sur laquelle un grand écriteau affirmait : POINT DE NON-RETOUR. Des souvenirs, Paul inventa une histoire à plaire, chercheur de trésors dans la Sierra Madre de l'âme tenu à une existence rigoureuse de Monsieur-tout-le-monde. Excitant l'imagination de la femme quand elle pense avoir trouvé l'exception qui confirme la règle, il masqua habilement l'indifférence qu'il éprouvait à être, pour un instant, l'intérêt central de son alter ego en solitude nocturne. Non pas que cette rencontre fut insipide à ses yeux de fuyard ou qu'il voulut limiter à des conversations sans importance les moments agréables qui s'écoulèrent en sa compagnie mais par respect pour un âme crédule qu'il tint à protéger des menteurs, il ne lui fit pas croire plus que deviner qu'il pouvait être aussi bien dans cette catégorie. Vautré au fond de la banquette, il sirotait ce premier instant de liberté.

Le soleil entrait finement par des rais parallèles et la lumière s'empoudrait de la poussière flottant dans l'air vicié de la chambre. Une vibration ronronnait depuis l'extérieur. Paul ouvrit un œil. A une heure aussi tardive pour son réveil correspondait un ralentissement de ses pensées et une bouche pâteuse. Il faudra y songer un peu plus tard, à moins maltraiter le métabolisme, dans la vie qui reste, pensa-t-il avec l'arrière pensée de ne jamais rien en faire, sauf à être nourri par une infirmière. La tête enfoncée dans l'oreiller fit demi-tour avec le reste du corps et il attendit sagement qu'une cohérence minimale commande la suite des évènements. Avait-il fêté dans une ivresse avancée son premier pas vers l'inconnue ou bien était-il sagement monté se coucher avec une dose massive de somnifères ? "Il faudra le savoir avant que de l'écrire et je n'en dirai rien qui ne puisse me nuire". Deux petits alexandrins pour démarrer la journée, Il en remercia Calliope.

Pronto, oui, petit déjeuner dans la chambre esto possible, much dank, café noir, jus d'orange, tartines grillées beurre confiture, laitage, ok pour des croissants mais pas de chocolatine. Qu'à la lumière qui entra dans la pièce quand le service d'étage vint porter le petit-déjeuner et ouvrit les volets, il ne fit pas autant de démonstration qu'aux calories qui s'offraient sur le plateau, se protégeant des rayons les plus agressifs qui perçaient la rétine en se décalant au bord du lit, n'était pas pour l'astre naissant une offense ni un crime de lèse-majesté. Il faut des forces pour regarder le soleil en face. L'énergie fila depuis l'estomac jusqu'aux artères et ses muscles purent dérouiller les articulations endormies. Sortant du sac de voyage une paire de chaussures de sports toute neuve, le genre qu'on appelle maintenant "runners", sous-ensemble des "sneakers", descendant des lointaines "tennis" dont une marque célèbre encore leur apparition quand elles devinrent de simples "baskets" mais qui ne conviennent en rien à la course à pied, dénommée "jogging" parce que pour avoir l'air d'un idiot qui n'a rien d'autre à faire que de courir seul dans des coins perdus jusqu'à l'épuisement, dégoulinant de transpiration, en baptisant cette activité d'un mot qui fera le hit chez la fashion-victim, tout autant que chez celui qui recherche à ne pas être resté un simple coureur à pied, il n'en faut pas moins le semelle adéquate. Paul se souvint de sa résolution : au moins une heure de sport par jour. Peut-on avoir l'air plus innocent qu'habillé en sportif ? Quoi de plus naturel que le sourire rendu contre sa clé en passant devant la réception ? Se mettre à courir ? Ah oui, c'est ça le "jogging" un pied après l'autre dépassant l'allure de la marche mais pas trop sans quoi l'essoufflement ou le point de coté arrive, surtout chez le débutant. Pas forcément attaquer la foulée de la pointe du pied, laisser les bras ballants et en avant. Il parait que ça fait du bien au bout d'un quart d'heure, quand la souffrance a laissé la place à la négation de la douleur car les endorphines médullaires empêchent la raison de se rendre compte de la contrainte qu'impose l'exercice. Dans ses recherches sur la meilleure façon de courir, Paul avait découvert que pour les premières séances, il faut être détendu pendant 2 à 3 minutes, ensuite marcher pendant 2 à 3 minutes. Ces pauses soulagent les articulations et diminuent la fréquence cardiaque. A recommencer 5 fois de suite. Entraîné régulierement, on peut courir 5 / 8/ 10 minutes sans gêne. Le système cardiovasculaire et la musculature augmentent leurs performances avec un entraînement régulier. Après un mois d'effort l'amélioration de vos performances vous étonne. Pour Paul, il ne s'agissait pas d'avoir l'air d'un débutant. Partant stupidement contre toute recommandation en petite foulée soutenue, il se dépêcha de passer le premier coin de l'immeuble pour appliquer la séquence détente-marche. Curieusement, le rythme de la course laisse l'esprit vagabonder. Comme dans une méditation, les pensées traversent les zones cérébrales et s'ordonnent à fur et à mesure de leur arrivée aléatoire. Les souvenirs se rangeaient d'eux-même bien gentiment et la brûlure thoracique que ses bronches subissaient n'avait pas d'autre explication que l'appréhension maladive qu'il avait eu jusque la, comme une coquetterie suprême, de préférer les jeux de l'esprit au culte du corps.



mercredi 23 avril 2008

LE DEVOIR


" Dans l’accomplissement du devoir, comment éviter le fanatisme et le dogmatisme ? Le fil conducteur de cette réflexion amène à s’attacher plus à la définition du "devoir" qui conduirait ou non à ces deux états dogmatisme et fanatisme. Nous en dirons “un mot” quand même !

Le devoir est la pire des choses qui soit arrivées à l'homme car le devoir se différencie du besoin. Satisfaire à des exigences physiologiques pour ne pas dépérir ou tout simplement rester en bonne santé n’est pas différent d’un instinct animal. Le lion chasse pour sa viande, il en est obligé mais saura mourir de faim s’il n’y a plus rien dans une savane à la saison trop sèche. Il n’a aucun sentiment de regret, ayant vécu tout ce qu’il était possible de vivre, tandis que l’homme, qui a remisé l’instinct à un niveau inférieur, trouve dans une situation semblable une explication à l’impossibilité de construire son bonheur sans contre-partie. Pour éviter une telle situation, le prix à payer est l’accomplissement d'un devoir et l'échec est attribué à la négligence de ce devoir. Dans la société, l’homme estime avoir résolu le problème des pulsions primaires : il protège son nouveau-né plus longtemps qu’aucun autre animal, jusqu’à caricaturer son émancipation en une projection de soi-même. Anticipant les aléa de la survie, il en a tiré un principe de précaution et le jeune humain a le monde servi à tous les repas. Le devoir devient la protection de la richesse accumulée. Si le devoir c'est de vivre, alors tous les moyens sont bons. Il n’y a pas de différence entre les hommes quand ils ont le regard perdu dans l'immensité de l’espace étoilé, levant la tête par une nuit sans nuage, regardant avec l’émotion qui convient en ces circonstances, la petitesse dont ils sont faits, alors que rien n’est plus grand que leur assemblage mais insidieusement s’est créé une hiérarchie des valeurs qui subordonnent nos instincts.

Le devoir est arrivé avec la conscience de l'opportunité du choix, en cherchant à mieux préserver la richesse. La richesse, c’est le feu quand on découvre qu’en frottant deux silex, il est possible d’en obtenir tant qu’on veut. C’est le premier temple qu’on construit pour le protéger, tout en faisant un dieu. Si le devoir c'est d'obéir à des règles, alors on démultiplie, comme dans une transmission, le sens de l'existence. Vient tout naturellement le moyen d'en sortir et qui est pour certains la question philosophique ultime : le suicide. C'est une machination infernale que de naître et que d’apprendre la liberté dans des livres d’histoire. Transposition admirable et suffisante pour l’élève docile mais bien trop réducteur pour l’élève attentif. Est-ce que l’un deviendrait fanatique et l’autre finirait dogmatique ? L’esprit critique, heureusement, se nourrit de tout, même des idioties et il ne suffit pas d’être surdoué pour être intelligent. La maîtrise d’une théorie fera un spécialiste en la matière mais comme un fou qui ne saurait pas à quoi sert un bouton de porte, il ne saura jamais qu’il vient de permettre à d’autres de les ouvrir. Plutôt content d’avoir accompli “son devoir”, il ne reste plus qu’à lui fournir une retraite feutrée. Cet exemple montre un homme qui n’a pas échappé à l'idée de son devoir. Cela en fait-il un homme meilleur, ou, en posant plus exactement la question, a-t-il vécu avec l’impression d’être heureux ? Est-ce qu’on se trouve meilleur de comprendre qu’une valise a besoin d’une poignée mais que celle-ci ne peut pas ouvrir de porte ? Le problème des lois qui est posé ainsi, hiérarchisant les mérites ou les récompenses, tiendrait du dogme si les lois étaient gravés dans le marbre et elles provoqueraient le fanatisme si, au sein d'un groupe de n'importe quelle appartenance, qui impose sa propre définition et endoctrine les plus défaillants, on avait transformé l’être humain non pas en un animal, non pas en esclave mais en robot.

Faire son devoir, c’est mourir au camp d'honneur et glorifier cette sanctuarisation d'une histoire héroïque. Il est inutile de discuter du bien ou du mal dans cette question. Devoir faire ce qui est en son pouvoir n’est pas forcément le bon choix. Parfois, il faut s’abstenir. Dogmatiques, nous le sommes tous, à divers degrés. Chacun a accepté la description du monde dans lequel il a grandi et il n’est pas meilleur défenseur de la société que celui qui veut la détruire, lui accordant alors toute l’importance de son existence. On dira de lui que c’est un fanatique, soumis à une loi personnelle ou refusant de partager, celles qui, depuis que les humains se partagent les territoires, permettent à notre construction baroque de ressembler à l’allégorie normative d’un spectacle œcuménique.

On peut avoir peur aussi bien des centrales nucléaires que des araignées. "

dimanche 16 mars 2008

Ma lecture des Bienveillantes

Le Dr Aue est en période de repos, exténué des Grosse Aktion qu'il a dû mener à bien. C'est terrible, cette prose fluide qui mélange l'aspect descriptif rigoureux aux états d'âme de l'officier SS. Comment, en danger du fait d'une histoire de racolage homosexuel, on ne lui laisse pas d'autre choix que d'aller servir dans le sonderkommando dont la mission est de nettoyer les lignes arrières lors de l'avancée des troupes allemandes en URSS.

Imaginez seulement la discipline des uns face à la résignation des autres dans la réalisation minutieuse d'une extermination de masse. 30000 Juifs passés par les armes (une balle dans la tête et le coup de grâce si nécessaire) dans un ravin où ils s'alignent tête bêche puis dynamitage des parois pour l'ensevelissement . C'est totalement improductif, note Maximilien mais ce sont les ordres et un national-socialiste ne discute pas la volonté du führer. / Le héros du roman décrit son inceste avec sa sœur jumelle, sa mise en pension catholique où il subira les prêtres pédophiles et l'homosexualité dans laquelle il réfugiera son ego.

Voyez, ça n'est pas un sujet drôle. On le sait, on a même l'impression qu'on se le rabâche, on a envie de dire que d'autres ont souffert aussi et que le temps ayant passé, ils ont bien su faire à partir des survivants une nation qui est devenu tout autant guerrière et surarmée. L'Histoire, il est vrai, ne s'arrête pas mais il est difficile de comparer cette monstruosité à d'autres faits historiques. Je vois le massacre des bisons d'Amérique, éventuellement, tout en voulant aussitôt m'excuser d'opposer des animaux à des hommes et pourtant, dans ces trophées de chasse de Buffalo Bill, gloire du western, au bout du fusil se trouve la plus innocente des victimes que le bourreau exécute industriellement, pour un résultat catastrophique.

Plus de bisons dans les Grandes Prairies, y'a pas mort d'homme, pense-t-on. Les Juifs ont quand même survécu, tout le monde a souffert, se dit-on. Des exactions de ce niveau, la Terre en a connu, Indiens d'Amérique, frères des bisons, Zoulous, Aborigènes, Chinois, Tibétains, Russes, Guinéens, Cambodgiens, Rwandais, je ne sais pas tout, toujours créés par un esprit persuadé d'un raisonnement logique où se trouve sa soi-disant supériorité. Elle va jusqu'à réécrire l'Histoire, continuant son combat dans ce qu'on appelle le "Négationnisme" : pauvres gens. Salauds, oui.

Dans le fond, la lecture est le meilleur moyen de passer le temps. Dans un coin, sans rien demander de plus qu'on vous laissât tranquille, vous partez encore plus loin que dans tous ces feuilletons ou autres séries, films, documentaires ou même sur l'internet où le temps passe aussi bien, il est vrai mais dans une nécessité de technologie performante pour une bonne satisfaction. Demandez à vos enfants qui jouent en réseau. On pourrait croire qu'un livre ça n'est pas indispensable ? Et bien non, le Dr Aue, lui, il s'échappe de la débâcle berlinoise un livre dans la poche, le faisant sécher en route car il manque de se noyer en traversant un pont bombardé aux ridelles glissantes qui ne pardonnent pas l'inattention dont il fait preuve depuis sa seconde blessure qui lui ont valu trois semaines de congé qu'il passera dans la maison de son beau-frère, maison au Nord de Stettin (Szczecim) , en Poméranie, "ambiance plaines enneigées et landes désertiques", la Baltique pour horizon.

Il est revenu de Stalingrad où son zèle honnête l'avait conduit, sanctionné par son supérieur hiérarchique, passant une convalescence miraculeuse après avoir reçu une balle dans la tête qui a épargné sa mémoire et son intelligence, en glissant sur la paroi interne de la boite crânienne dans une trajectoire sagittale heureuse, du front à la tempe. Reprenant son travail essentiellement administratif, le roman raconte la dilution des responsabilités qui rend l'anarchie possible, là où "ils" voulaient de l'ordre. L'ambiance est morose, Barbarossa est un échec. Maximilien part à Paris pendant son congé de convalescent, rencontre les collabos, les rédacteurs de "Je Suis Partout", se fait snober par Brasillach en se rendant au Café de Flore. L'idée lui vient d'aller voir sa mère, à Antibes, il ne l'a pas vu depuis 9 ans, il la déteste pour avoir obtenu la reconnaissance officielle de la mort de son père, de s'être remariée.

Il devient un assassin dans un moment de folie dont il ne souviendra pas. Au petit matin , dans la petite maison provençale sans charme autre que celle d'un petit pavillon, il se réveille et découvre les cadavres : un a été tué à la hache et sa mère est étranglée. Il ne sait pas ce qui s'est passé. La balle de Stalingrad explique trop facilement les choses. Il tuera encore à trois reprises, une deuxième fois dans cette maison de Poméranie où il oublie qu'il n'est seulement qu'en congé maladie, obligeant son ami Thomas à venir le chercher, pour regagner Berlin après 17 jours de marche hallucinée, au milieu de la fuite générale, une fille est sur la terrasse, apparemment étranglée. Il laisse la maison pleine de sa merde et son foutre, succédané de l'absence de sa sœur dont il n'arrive pas à rompre l'amour qu'il s'obstine à lui porter. Evidemment, la féminité pragmatique a tiré un trait sur ces amours d'enfants : il ne peut comprendre sa sœur qu'il rencontre à Berlin avant le matricide.

Il tue encore, gratuitement un organiste qui joue trop bien du Bach et pour finir son brave ami Thomas qui vient de le sauver d'un policier qui lui coure après depuis le meurtre. C'est dans les dernières pages. C'est vraiment la fin, le bunker va être pris, Hitler va se suicider, tout le monde fout le camp de Berlin où ceux qui avaient voulu partir trop tôt pendent aux arbres. Dans le zoo aux hippopotames agonisants le policier met en joue l'assassin pour faire enfin justice car le Dr Maximilien Aue a été épargné du fait de son statut d'Obersturmfürher SS). Arrive encore Thomas , habillé en ouvrier alors qu'il est un haut gradé de la SS, ayant prévu (très doué pour vivre le mieux possible au milieu de tout ça) même des faux papiers de STO français (tout simplement liquidé) pour sa fuite. Le policier s'effondre tué par Thomas.

Thomas se penche sur sa victime pour fouiller ses poches, en sort une liasse de Reichmarks qui ne vaudront plus grand chose très vite. Dans un réflexe pavlovien, Max ramasse un barreau d'une cage et fracasse le crâne de son ami. Il ôte ses vêtements prend l'habit du travailleur. Ainsi un assassin de masse et ordinaire peut aller finir sa vie comme petit industriel dans le Nord de la France. Aucune moralité dans cette fin où le héros avait le choix du suicide.

Peut-on en vouloir à quelqu'un qui avait l'Education sentimentale de G. Flaubert dans sa poche ?

About Shoah

Donc, cela ne peut être qu'un écran de fumée, une sarkozylade de plus pour détourner l'attention de la mauvaise situation politique et en particulier de la baisse dans les sondages. Pensez ! Confier à un enfant de CM2 la mémoire des enfants de la Shoah. Traumatisme assuré. Ne pas leur faire savoir, envelopper d'un voile pudique l'horrible vérité pour éviter les troubles psychologiques qu'on peut a priori redouter. Imaginez un enfant qui s'identifierait totalement jusqu'à se reprocher sa vie heureuse.

Ça ressemble un peu à un épouvantail, cette histoire, aussi horrible que celle du loup-garou. Pratiquement, comment seront attribués les noms des enfants juifs ? Y'en aura-t-il pour tous les enfants ? Ordre alphabétique ? Répartition aléatoire assistée par ordinateur ? Pourquoi Lui pour Moi ? Tout ça peut se résoudre et il est sans doute possible d'expliquer, dans la perspective de l'histoire de la seconde guerre mondiale, ce qui a pu se dérouler à cause de la montée de l'hitlérisme. En dehors de quelques nostalgiques du troisième reich, c'est un point commun à tout esprit moderne que de refuser d'oublier le massacre des innocents. L'argument des autres génocides est considérable. Cela contribue à affaiblir le sens de cette idée sauf cela s'intègre à l'enseignement des autres exactions commises par les légions guerrières qui ont façonné la pauvre histoire du paysan qu'on chasse de sa terre depuis la nuit des temps. Il n'y a pas d'opposition à parler du reste.

Je me demande ce que savent nos enfants de notre passé. Autant nous avons eu le temps, nés au milieu du siècle, de voir ce que la vie devait faire pour ne plus jamais voir ça, comme ils disaient en dix-huit, la der des der, comme on a revu en quarante, autant j'imagine que l'apprentissage des connaissances est un problème ardu pour tous les enseignants. Que sait un élève Français de terminale après six ans d'Anglais ? "Quite nothing and surely not enough" . Alors que sait-il de l'Histoire Contemporaine ? Pas assez de livres dans leurs cartables trop lourds ? Les envies d'exister remplacent l'ambition d'être et on ne peut les blâmer, de vouloir être encore plus libres dans un monde en paix, assurant l'avenir de tous, garanti de tous cotés. En votant, on ne dit rien d'autre, mettant le bulletin dans la meilleure promesse.

Laisser la place à l'enterrement de première classe de tout ce qui dérange et devenir cynique est impossible. Le bonheur ne se paie pas dans cette monnaie de singe. Ce qui dérange, c'est la relativisation de nos petits problèmes. Comment revendiquer notre pouvoir d'achat quand de si grandes misères ont accablés et accablent encore l'Humanité ? Explication de l'écran de fumée, peut-être mais au moins faire un effort de mémoire envers toutes nos erreurs passées pour en tirer des leçons sans mortifier dans la repentance nos consciences tranquilles reste au programme.

Et puis encore le Juif. Toujours lui. J'ai entendu Jacques Attali dire que pour les Juifs, le scandale ce n'est pas la richesse, c'est la pauvreté. C'est pas faux. Prétendre que le scandale , pour le Chrétien , c'est la richesse, c'est un peu parler à sa place. Voyez comme on peut se disputer pour si peu. Alors soulever les arrières pensées pro-sionistes du Président n'est plus qu'à une station de métro. Serait-ce le fond du problème ?

Une fois de plus, j'essaye de cacher ma gêne. Gêne de voir que l'Age d'Or d'une Humanité qui se respecte et admet ses différences est comme le Graal que n'ont jamais trouvé les Chevaliers de la Table Ronde. Si vis pacem, para bellum reste de mise. La vertu de la laïcité est d'offrir une solution acceptable à tous ceux qui ne veulent pas faire la guerre. C'est prouvé, c'est un remède sûr. L'enfant aspire à cela. Il le demande à ses parents. Il veut aussi qu'on lui dise l'Histoire sans la déformer. Malheureusement, depuis Marathon, beau massacre en vérité, ce n'est pas très beau à raconter. C'est sans doute encore plus difficile de le résumer.

Alors, qu'un Moïse Israël soit un fil rouge dans la mémoire d'un Kevin Durand et devienne un élément de propagande ne parait pas un bien grand risque. Ça va être un peut plus compliqué pour un enfant musulman dans un contexte familial pro-palestinien. Monsieur le Président, vous y avez pensé avant de faire un bel effet au diner annuel du Crif ?

lundi 3 mars 2008

littérature marchande



François de Closets nous publie un nouveau livre. De nouveau sur les antennes, j'ai eu l'occasion de l'entendre hier matin sur ma radio habituelle. Il a trouvé le créneau du moment : "Le divorce entre les élites et le peuple". Le voilà dans les pas de Besancenot ? Closets est depuis des années ce personnage sympathique (forcément) qui nous explique le progrès, avec un grand sourire. Je crois qu'il n'est plus trop à la TV ces derniers temps. Fallait bien qu'il vive et ponde un énième bouquin. Ce n'est pas la première fois qu'il nous fait le coup de la leçon.

Première attaque, l'euthanasie. Qu'en pense-t-il dans le fond, on n'en saura rien mais il est certain pour lui que le Parlement a été manipulé et que la loi attendue après la mort du pauvre Humbert a été saboté par des "petits lobbies" qui ont réussi à faire un blocage idéologique alors que l'opinion des Français, "on le voit dans tous les sondages" approuvent l'évolution de la Loi. Il y a donc un bloc religieux et une mission parlementaire complètement noyautée.

On sent de l'amertume chez cet homme qui dans "toute sa carrière" a observé l'insidiosité. Autre exemple, les élites et le nucléaire, les bombes atomiques en trop grand nombre (on en a suffisamment, pourquoi les changer ?) , les OGM, pour lesquels il n'a pas une opinion tranchée, attendant courageusement qu'on puisse avoir des certitudes sur le sujet . En attendant il est contre les opposants idéologues. Dont acte. Il doit avoir acheté des actions Monsanto ? "Vous-rendez-vous compte", sa formule à tout dire, pour enchainer sur les accidents de la route, ce scandale où il a fallu attendre des années avant de limiter la vitesse.

La peine de mort : pas de trouble pour la différence d'opinion entre le peuple et l'élite. En 1981, l'opinion était contre. Mitterand fait passer la loi d'abolition sur la base de son programme électoral. Notre Closets applaudit des deux mains. Là, voyez-vous, l'élite prend ses responsabilités. C'est bien. Sauf que c'est le meilleur exemple de papa qui fait sa leçon et l'enfant n'a pas le droit de parler. Mais pour Closets, c'est du beurre de démocratie quand l'élite persuade le peuple d'accepter quelque chose pour son bien.

L'émissionradiophonique se termine sur le dernier et incontournable problème de la vie à la française : "les crottes de chien": il évoque ici la force du statu quo. Si l'élite avait le courage politique de dénoncer cete situation dans les grandes villes, la France rejoindrait le standing de Londres, New-York, Berlin. En attendant, si les gens n'aiment pas suffisamment leurs chiens pour assurer leur propreté, ils n'ont qu'à s'acheter des chiens électroniques (sic).

Vous l'avez compris je vous recommande de ne pas acheter ce livre, de ne l'offrir à personne et si on vous l'offre, vous savez qu'il existe des bornes de recyclage papier, ce qui permettra aux Chinois de se torcher le cul avec.

vendredi 29 février 2008

En mémoire de mon pays natal que j'aimerais bien visiter un jour

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lundi 25 février 2008

critique des Bienveillantes

30.08.2006
L’espace d’un roman

pris sur un blog de 2006 : je lis le roman et j'aime bien cette critique. Elle n'en que mieux sauvegardé si jamais, par un hasard curieux, son auteur Carnets de JLK venait à la retrouver ici : le lien qui ma mené à ce texte admirable : carnetsdejlk.hautetfort.com/.../08/index.html.

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Lecture des Bienveillantes (4)
Limiter la valeur des Bienveillantes à l’apport d’un monument documentaire me semble prouver une lecture impatiente, hâtive ou partielle, qui ne tient aucun compte de la transposition des faits dans les sphères du temps et de l’espace. Jonathan Littell a certes le mérite d’avoir accumulé une documentation considérable et sur des faits souvent méconnus du public ou des non spécialistes, mais l’apport fondamental des Bienveillantes n’est pas là, pas plus que celui de la Recherche du temps perdu n’est de proposer un tableau de la bonne société parisienne au tournant du XXe siècle. Je ne prétends pas pour autant que le jeune romancier soit à comparer à Proust, non plus qu’à Céline, et pourtant la transposition romanesque qu’il opère, dans Les Bienveillantes, à partir de ses données documentaires, n’en est pas moins d’un admirable effort de transposition et d’incarnation, par un médium, au sens où l’entendait un Simenon, qui nous fait endosser une peau à notre corps défendant, parcourir une certaine courbe temporelle et investir une topologie, sans rien de commun avec le déploiement linéaire d’un rapport factuel ou les « lieux » ordinaires du reportage ou de l’essai.
Lire et plus encore : vivre Les Bienveillantes suppose, de la part du lecteur, un accommodement du regard extrêmement rare dans le roman contemporain, qui nous a rendus si paresseux. Le mimétisme en est évidemment déplaisant, qui nous fait partager tant de pages avec un personnage infiniment trouble, que sa « passion de l’absolu » d’intellectuel raffiné, acquis à une utopie qui flatte son hybris, porte à la « radicalité de l’abîme » et à tous les « sacrifices » qui en découleront. Comme Himmler, bien peigné et manucuré, l’explique page 129 à ces Messieurs les Herr Dr Untel et Untel qui viennent de liquider plus ou moins « proprement » quelques dizaines de milliers d’Untermenschen dans les grands ravins de Kiev, la finalité de tout ça est un Jardin où le soldat-cultivateur allemand pourra biner et sarcler en paix au milieu de ses esclaves ukrainiens ou ruthènes. Cela ne vaut-il pas quelque sacrifice ? Cela pour le tout début : quand Max doute encore un peu de la grande invention nazie (page 127), avant de participer, une action après l’autre, et au fil d’une odyssée qui lui fait prendre du grade dans la hiérarchie infernale, jusqu’au temps de tout raconter, bien assis à son bureau d’industriel de la dentelle…
Est-ce détourner notre attention de l’abomination du XXe siècle que de filtrer l’observation des Bienveillantes par le regard d’un homme tel que Max Aue ? A vrai dire on n’a pas assez dit son vice principal : la curiosité, à la fois littéraire et scientifique. Elle est la base même du roman. Est-ce celle de Jonathan Littell ? C’est évident, à cela près que la curiosité de Littell vise la vérité et la justice. Mais n'y a-t-il pas en Jonathan Littell trace de perversité ? Il y a en a sans doute comme chez tout écrivain, dont le meilleur exemple serait un Dostoïevski. Jonathan Littell est-il, pour autant, fasciné ou « sous le charme » de Max Aue ? Je ne le crois pas du tout. Par ailleurs, est-il significatif que Max Aue soit homosexuel, comme Angelo Rinaldi s’en inquiète ? Nullement. D’ailleurs Max Aue n’est homosexuel que par raccroc, si l’on peut dire, après un premier amour hétéro contrarié. Toute son histoire est marquée par le ressentiment et l’amor sui, et son goût pour la sodomie relève quasiment de la mécanique, jamais accordé à aucun sentiment ni aucune intimité réelle, même s’il est capable (avec Thomas) d’amitié. De toute façon, la part de la psychologie personnelle, des rêves, des actes aussi (la baise occasionnelle et le meurtre) n’occupent, dans Les Bienveillantes, qu’une place mineure, juste bonne à éclairer le néant affectif du protagoniste et son nihilisme philosophique, qui ne l’empêchent pas de faire son chemin de fonction et ses « expériences ».
Sa complexion personnelle ne serait pas intéressante si le livre n’était à la fois, dans un temps renoué en spirales successives, celui d’une conquête d'empire et d’un désastre annoncé, qui est celui-là même de la conscience humaine au XXe siècle. Max Aue lit le journal de Stendhal et Tertullien, goûte Rameau et Couperin et se reproche d’avoir oublié son pull-over quand on le force à assister à une exécution de masse, mais il n’en a pas moins les yeux ouverts et il note, il note tout. C’est l’expérience sur soi incarnée que Max Aue. Max Aue incarne en outre, du point de vue moral et spirituel, le péché contre l’Esprit, et donc le Mal absolu, mais cela doit-il être relevé par Jonathan Littell ?
Lorsque je peins des voleurs de chevaux, disait à peu près Tchekhov, je n’ai pas besoin de dire, à la fin de mon récit, qu’il est mal de voler des chevaux, ou alors c’est que mon récit ne vaut rien. Le procès qu’on fait aujourd’hui à Jonathan Littell, sous prétexte qu’il ne dit pas assez que son protagoniste est un démon, à croire qu’il en est fasciné, est le même qu’on faisait à Tchekhov, qui avait le tort de montrer la réalité telle qu’elle est, en laissant le lecteur juge.

dimanche 17 février 2008

le jazz

Pourquoi mettre toute sa mise sur ce numéro ? Hein ? Parce que cette musique ne parle que de souffrances ou parce qu'elle vous remue le sang en vous faisant gigoter ? Dans les sociétés tribales la musique a une fonction essentielle; elle soude la communauté et apporte la survie au groupe à travers la communion avec les esprits. Elle délivre, comme Saint-Martin, les âmes empoisonnées par le démon. Elle n'est pas le fond sonore de la musique d'ascenseurs ni les concours de voitures sonorisées : Record du monde d’auto-basses à 180,5 dB , subwoofer.jpg .Il vous faut monter un cran au dessus.


On est loin du jazz, n'est-ce-pas ? Ecoutez Alabama de John Coltrane et si vous ne ressentez pas la souffrance du Peuple Afro-américain , passez votre chemin. C'est vrai ça n'a pas l'air d'être marrant, dîtes-vous mais dans un concert même classique, il y a l'adagio, le moment calme où l'on entend le silence autour des notes. C'est ce qu'il y a de plus difficile à atteindre. L'industrie s'est emparé de la musique, que voulez-vous, c'est comme ça depuis qu'on peut vendre des enregistrements. Sergiu Celibidache disait que c'était de la musique en conserve et refusait d'enregistrer. Il faut bien une exception. C'est presque la seule. Les musiciens ont déjà du mal à vivre de leur art.


Qu'est-ce que l'enseignement musical en France ? Formons-nous nos enfants à apprécier autre chose que M6 Music, NRJ ou autre Skyrock, premières étapes avant Nostalgie ou Chérie FM ? La guitare électrique comme premier élément d'émancipation dans un orchestre rock, merci la vague du punk. Le disco qui enterre le rock progressive et les premiers clips, le vedettariat par la publicité, le business. Il a toujours existé, Mozart obligé de donner des concerts de piano à une époque où les musiciens étaient des domestiques.

Les fous ne s'arrêtent pas à la quantité du public et poursuivent dans une quête souvent douloureuse leur idéal musical, ne voulant pas sacrifier la signification de leur musique à un intérêt commercial. Malheureusement, personne ne les connait sauf quelques amis. Dur-dur de taire ses talents. Le jazz est aussi largement soumis au cachet de l'artiste et il ne crache pas dessus, croyez-moi. C'est juste qu'il y a moins de fric pour des artistes qui savent ce que veut dire travailler son instrument que pour des idoles des jeunes à la mode.

C'est comme ça : il n'y a pas à vouloir sortir de cette situation sans trouver un compromis. En mémoire de tous ceux qui sont morts au chant des gammes. Henri Salvador n'était pas dupe de ses capacités musicales et il a eu plus de succès populaires que d'autres guitaristes de jazz : on ne lui en veut pas bien au contraire. Il en est ainsi de certains musiciens. Accédant au Panthéon des ritournelles, Zorro arrive et ma Doudou est partie tout là-bas. Expliquez-moi quand-même pourquoi un métis né à Cayenne a si bien réussi. Ciao l'artiste, tu nous as montré qu'à travers la musique, ce qu'il y a d'important c'est de rire ensemble.

mercredi 13 février 2008

Vaccinez vos enfants contre l'hépatite

Même les ados. Une récente étude ne retrouve pas de lien entre maladies démyélinisantes et la vaccin et pourtant on répand à nouveau le doute dans nos tribunaux. 20 milllions de doses et 1300 complications recensées, sans qu'il n'y ait forcément de lien de cause à effet.

En tant que praticien, je tiens ce discours : l'hépatite B est une réalité, le vaccin existe pour s'en protéger. A vous de décider si vous laissez votre enfant non-protégé. Si jamais il est contaminé et développe une forme grave de la maladie, j'espère que vous vous souviendrez que je l'avais l'avais recommandé. "C'est vous qui voyez" ou autrement dit, consentement éclairé du patient.

Placé dans la position de responsables, il est peu fréquent de voir des parents ne pas accepter la vaccination, acceptée pour toutes autres maladies sans se faire des nœuds au cerveau. Le nouveau vaccin anti-pneumococcique Prevenar n'a pas le doute préalable de l'opinion et depuis deux ans, tous les nourrissons reçoivent 4 doses entre 3 et 18 mois. Le plus drôle, c'est de lire un article sur un essai de vaccination avec l'ADN dans les maladies démyélinisantes comme la sclérose en plaque. Et oui, heureusemenet que les chercheurs n'ont pas d'a priori.

lundi 11 février 2008

Vol-au-vent

Un voile pudique, un voile d'opprobre, un voile discret, un voile de religieuse, un voile de circonstance, terrible objet de symbolisme et soumis à philosophie occupe la pensée. Réduit à ce qu'il est, un plan qui sépare deux ondes, il a peut-être des vertus d'équilibre, maintenant ceux qui en veulent, séparés de ceux qui n'en veulent pas. Ça semble artificiel à l'esprit uniciste dont la finalité est de tout mélanger, cherchant un équilibre instable qui le fait avancer dans un futur où le néant apparait comme plus viable que la lutte perpétuelle des communitaristes qui cherchent une voie tracée à partir d'une carte incomplète mais qu'on décide de prendre comme référence.

Tous les dogmes sont dans ce cas. Le scientisme n'a pas plus de bonne carte et en tout cas pas celle du futur mais au moins, il permet de se dire réfléchi quand on y pense. Mais c'est certain qu'il faut encore rappeler des évidences. Une palissade pour séparer la vérité du mensonge. La seule question intéressante est de savoir si elle a une utilité. L'effort fait pour maintenir une différence est en soi-même source d'énergie. Bien que rien ne se perde ou ne se crée, le difficile maintien de l'équilibre est une source informative dont les effets sont à observer. La discipline a fait construire les Pyramides.

Comme c'est beau une armée qui défile, uniformes impeccables, menton au vent. Comme c'est beau un parlement moderne qui vote à l'unanimité ou presque. Toutes les apparences d'une harmonie idéale dans une société construite sur les valeurs reconnues. Victoire de la démocratie pour moins de liberté contre un anonymat qui n'est plus de mise. C'est maintenant qu'on vous pose la question : avec ou contre nous ? Ça n'est pas moins méchant qu'une alternative. Ça a le sel de ces conversations feutrées où l'on se rend bien compte qu'il en faut très peu dire, de crainte pour sa personne. Bonjour l'ambiance.

Il faut bien admettre que vouloir aider les héritiers d'Ataturk en étant favorable à leur entrée dans l'Europe devient un exercice de style difficile. En France, on a trouvé le concept de marques ostentatoires : comme le tabac, chez toi ou dans la rue. Quelle peine de voir toutes ces manifestations des laïcs Turcs qui me font penser à des barouds d'honneur. La chape est retombée, le discours réorienté dans un monde où plus aucune boussole ne montre de direction. Toutes sont bonnes à prendre, il faut croire que ça ne pose pas de problèmes.

Personnellement, je comprends l'engagement religieux et serais le premier à dire qu'il faut le respecter. même si chaque barrière qu'on redresse fait reculer la liberté individuelle. Au fond, c'est un choc entre une société libérale et une société dirigée. La liberté personnelle est un gage de survie qui fait avancer toute l'humanité ou la liberté qui s'offre à tous est un leurre pour des gibets de potence. Luttons pour la défendre ou éliminons le piège. Oui mais, nous sommes déjà dans la nasse : alors ?

Alors la Paix, ce vieux rêve prend un tackle de plus. Non pas qu'une simple étoffe ne puisse se porter mais qu'à vouloir le faire, sans chercher à distinguer dans un brouhaha d'arguments la voie de cette femme qui finit par s'imposer la honte des cheveux que Dieu lui a donné, jusqu'à les cacher pour respecter les traditions de sa communauté, où celle qui l'enlève se fera immanquablement remarquer et parfois punir, cela donne une envie de laisser cette envie de masochisme comme on arrête un jeu ou une conversation. Et quand on se parle plus ...

Fais ce que voudras, c'est quand même notre Rabelais, écrivain du 16ème siècle qui nous le recommande. Nulle envie d'arracher les foulards à la tête des pratiquantes mais gêne quand nos regards se croisent, toi, marchant derrière lui et que dans mes prunelles tu trouves aussi la compassion qui trouble les idées arrêtées à un dogme indiscutable. Cheveux au vent, rasées, frisées, nattées, chignonnées ou même perruquées, les femmes sont malheureuses d'avoir perdu en traditions ce qu'elles gagnaient en soi-disant émancipation. Regard admirable pour un dialogue sans mot, chacun dans le destin qui lui est assigné. Un jour peut-être on parlera.

Mai 68 qui recommencerait avec son interdiction d'interdire , rigolade de potaches avec comme seule arme le poil-à-gratter, ça on a bien compris, le bâton est plus fort et la tête a encore mal des coups qu'elle a reçu. Pourquoi cela me fait-il penser (encore !!!) à une certaine Carla, vêtue d'un seul anneau et de longues cuissardes et dont toute l'anatomie est partagée avec le Président ? Comme disait Glucksman ce matin sur Europe1, plus mai 68, tu meurs. Saint-Paul parlait de la circoncision du cœur, la seule exigence envers Dieu : moi, ça me suffit.

samedi 9 février 2008

samedi 26 janvier 2008

Pour un anti-sarkosisme raisonné

Il est petit, il est laid, il a des tics, c'est un escroc, il bafouille, c'est qu'il s'est bourré la gueule avec Poutine. Qu'il ait calculé de rester uni à Cécilia pour faire couple dans sa course à la présidence aura été une magnifique interprétation, poussée jusqu'au deuxième acte de l'installation. "Ma chérie, tu ne peux pas me faire ça pour le moment, on doit rester mariés, laisse moi le temps des élections après, on reprendra chacun notre chemin " . Ça me parait plausible, c'est une chose pensable à écrire dans un blog, pas une chose journalistique. Non, on serait accusé de faux procès. Ce qu'on n'accepte pas chez l'autre, il ne faut pas l'accepter pour soi. Disons que nous pourrions être des observateurs de second rang, les medias étant aux premières loges. Depuis quelques jours, que ça dans la presse, Carla Bruni ira, ira pas ? De deux maux il faut choisir le moindre. Il y avait sans doute plus de gain à rassurer la gent bien-pensante qu'à faire pleurer les amatrices d'histoire d'amour dans leurs Closer. Il faut jouer serré. Comme quand à la réunion avec les patrons Indiens, M. Mittal se trouve à 5 mètres de lui, c'est l'occasion de lui dire deux mots, ne manquant pas de rappeler qu'il a de très bonnes relations avec lui. Il le verra à Paris, pas entre le tourniquet de l'hôtel et la limousine (syndrôme strauss-kahnien) et personne ne sait alors si ... alors, si elle avait été là, comme on le croyait, pour aller visiter le Taj Mahal ... déjà, avant le voyage, on savait qu'elle ne prendrait pas l'avion; voyage officiel, problème de protocole. 5 minutes d'un grand reporter sur savoir si peut-être elle va le rejoindre d'ici demain. Exemple flagrant de ce qu'on ira ensuite reprocher à l'intéressé qui parle de tout autre chose avec les Indiens. Faux procès. En même temps visiter l'endroit sans sa chérie, franchement, il est nul : pas possible sans Carla !!!

Il ne fume pas, il ne boit pas. Cela cache quelque chose, une perversion, un truc. Carla pourrait-elle nous en dire quelque chose ? Y-a-t-il à apprendre de tous ces livres-vérités, autant de torchons à jeter, fait pour vendre du papier ? Rien qui fasse la Une en relais, apparemment . La vie doit être trépidante pour lui, à cette heure. Quand on est président de la République, on a mille chose sà faire et à penser. On est une machine irréversible. De Gaulle le sévère, Pompidou le filou, Giscard le malin, Mitterand le rusé, Chirac l'impassible, Sarkozy ? Encore trop tôt pour le dire ? L'affairiste, l'homme pressé, le salaud, le calculateur, l'intriguant, le débaucheur, l'irrespectueux, le goujat, le mufle, l'inconséquent, le tragi-comique, le petit chef, le compromis ? A son actif, la gestion des dernières crises. Moins de vagues dans les universités, syndicats aux tables de négociation, retraites. J'en donne pas cher de ce gouvernement, parfois quand je vois les manifestations. Force est de reconnaitre que la rue n'a pas encore déboulonné l'élu. Rassurez-vous, antisarkosistes, la vie est pleine de surprises et l'heur n'est pas toujours au rendez-vous de l'Histoire. S'il est vraiment aussi pervers que d'aucuns pensent, il n'ira pas loin. Il se cassera la gueule, finissant dans une clinique bourré d'anti-depresseurs et pourra, la main sur l'estomac, s'exclamer devant tous les docteurs : "Vive l'Empereur" !

Finalement, on a mis en place à l'Elysée un homme sorti du rang, en dehors d'un passé aristocratique est-européen, région du monde où les régimes monarchiques issues de l'Empire austro-hongrois n'ont pas survécu au vingtième siècle. La plupart des citoyens approuvent l'économie de marché, mais il faut encore considérer les patrons comme des ennemis. C'est sûr, c'est pas la même planète, Paris Hilton qui fréquente ce qu'il y a de mieux , croisant ceux qui peuvent s'en offrir autant. Comme Gainsbarre et ses 500 balles, ils s'allumeraient leur clop s'ils n'étaient pas devenus non-fumeurs. Sarkozy n'est pas responsable de ça. Je serais plus en accord avec une société de solidarité telle que l'imagine la gauche besancenottiste , expliquant facilement qu'il n'y a pas de raison sociétale à maintenir une économie basée sur l'existence du pauvre et du riche. Tous les grands hôtels , tous les yachts, toutes les résidence somptuaires de la Cote-d'Azur pourraient vous témoigner à quel point ces riches sont l'argent de ces pauvres qui ont de plus en plus de mal à se loger dans un environnement immobilier sur-côté. Oui mais l'argent incontournable maintient les barrières. Alors comment faire ? Soyez sages. Acceptez votre condition. Faites de votre mieux tous les jours. Elevez vos enfants dans le respect des autres. Enseignez leurs des valeurs de patience. Apprenez leurs à guetter le bon moment pour poser une question. Qu'ils se tiennent droits. Garantissez leurs une vie sans guerre et sans misère. Dans notre petite France, nous sommes comme des enfants agités autour de vieilles questions, attachés à des nostalgies napoléoniennes. A la fois admiré et haï, le plus grand criminel qu'on ait eu au pouvoir représente le plus grand paradoxe de notre pays. Ayant pillé les caisses et fait une boucherie de la jeunesse, on lui a réservé un tombeau à sept couches au beau milieu des Invalides.

Non, je ne m'égare pas, je suis le fil de la conversation. Sarkoléon n'a pas mitraillé la foule à la demande du Directoire, n'a pas pris le pouvoir par un coup d'état, , n'engage pas la France dans une politique guerrière. Se discute ici son atlantisme. Il faut savoir aimer les Américains pour ce qu'ils sont. Les avoir comme amis est sans doute préférables que de cultiver une animosité idiote quand tous nos "bons" vont là-bas pour travailler et pas dans la balayure. Quand on se gave de leurs feuilletons pour passer le temps.

Qu'est-ce que cherche un homme ? Quel est son moteur ? Au fond qu'est-ce qui l'anime ? Etre le plus fort , le premier, le gagnant, le tombeur, le flambeur ? La vérité, la compassion, l'amitié, l'amour, la joie, ? Recherche-t-il les peines ? Dans un effort intense de méditation, recherche-t-il une issue ? Qu'a-t-il construit et q
ue bâtissent-ils , les nouveaux seigneurs , sinon des châteaux qui montrent leur puissance ? Le rêve du parvenu ou la folie du riche ? Difficile de comprendre, il est un océan qui sépare les mortels, un océan de difficultés imbibées de contradictions encombrées de traditions. Maladies comportementales à grande échelle, lançant le défi aux générations futures : résolvez les problèmes, les petits , les grands, le chat de ma grand-mère, la fonte des glaces, la baguette trop chère, le voisin détestable, le pétrole qui flambe, la bourse qui descend, la condition ouvrière, la retraite et la pétanque, le camping sauvage et la marie-juana, le maïs transgénique , les lobbies de toutes sortes, l'administration, le Saint-Sacrement, l'andouillette d'Arras et le Rotary-Club, les légions islamistes et les danseuses du ventre, l'enfant né au Darfour, la machette pour arme de guerre, les enfants enrôlés, l'éducation ratée et tout à pardonner...

Bâtir une forteresse est une idée raisonnable. Le fond de commerce général. Faire son petit château fort à soi, avec des douves, ses donjons, son pont-levis. Ses gargouilles, ses meurtrières, ses créneaux, sa herse. Du haut de sa tour, Anne ne voyait rien venir. Les despotes ridicules et autres soi-disant maîtres du monde n'ont fait que passer. Qu'est-on devenu sans eux ? Dans son petit studio, le roi n'est pas son cousin, se dit-on. Bien qu'acculé, l'ego se réfugie dans une justification intellectuelle pour un peu de compensation matérielle. Tous ces grands, ne sont pas plus heureux que moi. Pourtant, je participe à l'économie générale. Je fais partie des statistiques. J'habite un hôtel particulier chez Maman et je ne m'intéresse pas à l'argent. Mon seul souci est le rose du costume. Si tout est politique, soyons clairs. Difficile d'être sérieux dans les conditions actuelles. Même les plus branchés sont les plus décalés. Triste constat d'anti-productivisme ou vérité éclatante du mécanisme profond de la société ?

Il n'aurait dû rien dire sur Mai 68, quand on voit la vie dissolue qu'il mène. C'est qu'il faut un compteur pour le Nicolas, maintenant. Trois épouses officielles , vous me direz, c'est un peu moins compliqué que le décompte pour Carla. J'espère que la majorité ne porte pas de jugement là-dessus. La vie privée, même derrière des casernes, ça existe, non ?

mardi 22 janvier 2008

L'aveu poétique


Il faut pourtant que je te gronde,
Toi venue dans mes milliards d'ondes,
Oui, toi entrée par la fenêtre
Avec tes atmosphères champêtres.

Derrière satin à contre-fil
Ou draps de soie aux mains habiles,
Je deviens celui qui attend
Éternelle rose entre les dents.

Comme un oiseau pour sa becquée
Je piaille dans ton nid douillet,
L'adrénaline surexcitant
Ma peau et tout le corps brûlant

D'un feu dévoré par le souffle
A croire qu'il en devient ouf, le
Mec l'avouant dans un poème :
Il a envie de te dire je t'aime.

dimanche 13 janvier 2008

samedi 12 janvier 2008

Ni plus ni moins qu'un autre

Non mais qu'est-ce qu'on me reproche ? De dire la vérité aux gens ou de ne pas dire toute la vérité ? Mais est-ce qu'on peut dire toute la vérité ? Oui, j'ai parlé de la civilisation. J'en parlerai encore. Ce n'est pas tant les moyens qui manquent que les manières de les utiliser. Et voyez les mauvaises manières. Vous tendez la main, on vous crache dedans. C'est jamais assez bien. C'est toujours calculé, pensent-ils. Où va se placer le snobisme ?

Pour qui se prend-il ? Le meilleur d'entre nous ? Cette façon de faire la leçon en empruntant une rhétorique républicaine qui est le fond de commerce de la gauche devient insupportable. On est déjà en slip, ici, un peu de commisération. Puisque c'est ainsi, on n'ira pas faire la claque à l'Elysée. Il peut se les garder ses petits fours et son discours. Même au Béarn, on n'a pas craqué sur l'invite.

Thérapie psychanalytique contre cautère sur jambe de bois. Avant on appliquait des remèdes qui ne marchait pas. Dorénavant, les maux de la société passent à la grille diagnostique et deviennent des prospectives pour des mondes parfaits. Sommes-nous tous d'accord pour nous baser sur des fondamentaux ? Maintenant, montrez-moi un homme capable de tout appréhender. De tout expliquer. Il n'en existe pas, c'est le Président de la République qui vous le dit.

Il est des cas sans alternative, champs stériles de la polémique. Des lois à changer, des règlements à appliquer, des recommandations à faire. Il reste des prairies entières ouvertes à la discussion. Elle permettrait peut-être de sauver l'espèce humaine. Quand celle-là passe son temps à décimer, éradiquer, anéantir les autres. Je ne sais pas tout. J'agis dans mon petit coin et je ne me sens pas spécialement sarkozien. J'ai le sentiment que la France devient un peu plus rock&roll, ça n'est pas pour me déplaire, la guitare folk mène à tout, la preuve .


jeudi 10 janvier 2008

mardi 8 janvier 2008

Recordingue

Ton cri retentit dans la nuit,
Comme le souvenir de l'étreinte
Que laisse l'indélébile empreinte
D'une félicité infinie.

Seulement pour toi, Ô Muse sombre
Griffonnant sur un coin de blog
Le poème mutin qui est en vogue :
Dégageant tout ce qui encombre,

Il invite à aimer plus fort
Cet autre subtil et harmonieux
Qu'on voudrait confondre avec Dieu.
Ce n'est pas le pire des sorts

Que d'enchainer à son Amour,
Quand il s'agit de lui survivre
Sans plus jamais se sentir libre,
Le cœur battant comme un tambour,

La fidélité aux soupirs.
Enfermée dans le mauvais temps,
Même si l'on croit rester présent,
La vie n'est plus que souvenir.

dimanche 6 janvier 2008

samedi 5 janvier 2008

Rêveur

Tu poursuis ce rêve imminent,
Habillée de fins linges de soie
Jusqu'à un point du firmament
Où je me trouve près de toi.

Flottante et adorante amie,
Dans ton sommeil de libertine
Tu attires l'elfe dans ton répit
Comme un voleur dans sa rapine.

Dans cet exercice amusant,
Sudoku de l'amour courtois
On se livre à tous les émois.

Et en hommage à tes amants,
Brisés sous ta fourche caudine
Tous les ébats, on imagine.